La directrice de Vogue Brésil fait polémique avec des photos évoquant l’esclavage

La directrice de Vogue Brésil fait polémique avec des photos évoquant l’esclavage

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Image d'illustration. | © Unsplash/Charisse Kenion

Mode

Pour fêter ses 50 ans, Donata Meirelles a pris la pose sur un trône, aux côtés de deux femmes noires debout et vêtues de robes traditionnelles. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vague d’indignation en ligne.

Faute de goût pour la directrice de Vogue Brésil. Vêtue d’une robe à plumes, c’est plutôt l’image qu’elle a choisie pour immortaliser son cinquantième anniversaire qui pose problème : assise sur une chaise aux allures de trône, entourée de deux femmes noires en robes traditionnelles. D’autres photos de la fête, qui a eu lieu à Salvador de Bahia, dans le nord-est du Brésil, montrent des femmes noires également vêtues de façon traditionnelle accueillant et annonçant des invités.

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Pour de nombreux internautes, ces photos, supprimées depuis, évoquent l’esclavage. C’est le cas de Roberto Sakiyama pour qui le cliché fait « clairement et malheureusement référence au Brésil de l’autocratie et à l’esclavage, où les personnes noires servaient les Blancs », rapporte CNN. « Pensez à quel point vous pouvez blesser les gens, leur mémoire, le sort de leur peuple, quand vous choisissez un tel thème pour ‘mettre du piment’ dans un moment de votre vie », a déclaré la chanteuse brésilienne Elza Soares, citée par la BBC. La journaliste Rita Batista a quant à elle publié l’image controversée avec une autre du 19e siècle, d’une femme assise aux côtés de deux esclaves, expliquant qu’à cette époque « l’esclave lui-même était un objet de luxe à montrer publiquement ».

D’autres ont suggéré que les vêtements des femmes noires rappelaient ceux des esclaves, tandis que le trône sur lequel la directrice de Vogue est assise ressemblait à une cadeira de sinhá – une chaise pour maîtres d’esclaves, explique la BBC.

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“(…)Já as escravas de casas ricas eram adornadas por seus próprios senhores. Quando saíam para as ruas acompanhando suas senhoras ou crianças, eram exibidas em trajes finos e carregadas de joias.A própria escrava era um objeto de ostentação do dono, um objeto de luxo a ser mostrado publicamente”. Trecho do livro Jóias de Crioula de Laura Cunha e Thomas Milz. A primeira foto foi tirada em 1860. De acordo com @edercansino a foto que faz parte do acervo do @imoreirasalles, intitulada “senhora da família Costa Carvalho na liteira com dois escravos” foi feita na Bahia por fotógrafo desconhecido. A segunda imagem é de 2019 mesmo. #sóeuacheiestranho #Bahiaterradafelicidade #ritadeixederecalque #passeodedinhoprolado #osprincípiosacimadaspersonalidades #qualquersemelhança #nãoémeracoincidência

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Démission

Après avoir présenté ses excuses, Donata Meirelles a annoncé sa démission. Elle assure cependant qu’« il n’y avait pas de thème à sa soirée », mais se dit « désolée » si les photographies ont évoqué chez certains l’esclavage. Pour se justifier, elle a expliqué que les robes étaient des habits traditionnels de fête de Bahia et le « trône » était une chaise issue des traditions du culte afro-brésilien candomblé.

Pour cet incident, Vogue a également présenté ses excuses, avant d’annoncer la création d’un groupe d’activistes, d’experts et de professeurs afin de discuter des contenus et des images susceptibles de lutter contre les inégalités. C’est déjà la troisième fois que le magazine est confronté à des contenus jugés racistes, rien qu’en 2019.

Mots-clés:
scandale Vogue esclavage
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