Les jeunes créateurs s’engagent pour une mode plus responsable

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Mannequin présentant une création de Marine Serre durant la Fashion Week de Paris, le 26 février 2019. | © François Guillot/AFP

Mode

L’industrie textile est très polluante, et les nouvelles générations de stylistes l’ont bien compris.

Alarmée par l’état de la planète, une nouvelle génération des stars montantes de la mode, qui s’illustrait à la Fashion Week de Paris, adopte une façon radicalement différente de créer pour limiter le gaspillage et la surconsommation. La Française Marine Serre, 27 ans, a signé l’un des spectacles les plus impressionnants de cette édition parisienne, avec un défilé décrivant un univers apocalyptique où « les crises écologiques et les guerres climatiques détruisent les restes de la civilisation telle que nous la connaissons ».

Défilé de Marine Serre à la Fashion Week. © François Guillot / AFP

Encagoulées ou protégées par des masques à gaz, les mannequins ont évolué dans des grottes, portant des pièces en partie (15%) fabriquées avec des matériaux recyclés. Le vêtement phare de sa précédente collection était la robe du soir confectionnée avec de vieilles couvertures. « L’apocalypse peut être positive pour stimuler la création : des coquilles ou du bois flotté, cela ne coûte rien », explique la styliste, lauréate du prix LVMH 2017, qui a vendu l’année dernière cinq fois plus de pièces par rapport à sa première collection. « C’est un défi énorme d’être durable (…) recycler de façon correcte et pour que cela ait l’air parfait dans les boutiques. »

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La haute couture se veut plus responsable

La jeune marque berlinoise Ottolinger partage la même philosophie. Les stylistes retravaillent les vêtements existants et les surplus de stock pour créer des pièces futuristes et streetwear. « On ne peut plus justifier toute cette surproduction et la consommation effrénée », rapporte Cosima Gadient, l’une des fondatrices de la marque, dans les coulisses d’un défilé salué par la critique. « Beaucoup a déjà été fait dans la mode. Pour faire quelque chose de nouveau, nous découpons un vêtement et le réassemblons à notre manière », déclare sa partenaire Christa Bosch, en soulignant qu’on peut donner ainsi une seconde vie à un t-shirt ou une veste préférée.

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Défilé d’Ottolinger durant la Fashion Week de Paris le 25 février 2019. © Christophe Archambault/AFP

Certaines marques célèbres militent également contre la mode jetable. La Britannique Stella McCartney a bâti son empire sur l’idée de la mode éthique et l’utilisation croissante de tissus recyclés. Sa compatriote Vivienne Westwood souhaite elle aller encore plus loin, en exhortant les gens à cesser d’acheter des vêtements fabriqués de manière conventionnelle.

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Le couple suédois Emma Hedlund et Saif Bakir, à l’origine de la marque CMMN SWDN, qui était en lice pour le Prix international Woolmark de cette année, invite les consommateurs et les créateurs à trouver « la beauté et le charme » dans les vêtements usés et déchirés. « Comme nous ne fabriquons plus avec nos mains, les vêtements ont perdu leur valeur et sont facilement remplacés », déclare Emma Hedlund à l’AFP. « Pourtant nous avons tous une veste préférée, un t-shirt ou un jean que nous souhaiterions porter à jamais. Nous devons ralentir un peu, réfléchir à ce que nous portons et prendre soin de nos vêtements. » Son conseil : « Portez-le, déchirez-le et réparez-le et repeignez-le à nouveau ».

Avec Belga

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