Un an après la polémique, Gucci met en vente son ‘Indy turban’ (et ça ne passe toujours pas)

Un an après la polémique, Gucci met en vente son ‘Indy turban’ (et ça ne passe toujours pas)

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L'enseigne de luxe italienne se trouve à nouveau sous le feu des critiques. | © Belga / Abacapress

Mode

La maison de luxe italienne est accusée d’avoir mis en vente l’accessoire controversé pour la modique somme de 800 dollars.

 

Souvenez-vous, c’était en février 2018 lors de la Fashion Week de Milan. Le créateur Alessandro Michele était sévèrement accusé d’appropriation culturelle pour les turbans sikhs apparus pendant le défilé Gucci. « Porter un article de foi religieux n’est pas une mode, c’est de l’appropriation ! Les hommes sikhs sont profilés et discriminés chaque jour pour porter ce turban, mais quand on le met sur une personne blanche, c’est soudainement à la mode et cool », pouvait-on lire à l’époque parmi les commentaires déchaînés repérés sur les réseaux. Mais alors qu’elle semblait les avoir oublié, l’enseigne de luxe italienne se trouve à nouveau sous le feu des critiques.

Accessoire haut de gamme

Comme le rapporte la presse américaine ce jeudi, la Maison Gucci est accusée d’avoir mis en vente l’accessoire controversé – baptisé Indy Turban – pour la modique somme de 800 dollars, soit un peu plus de 710 euros. Plusieurs personnes ont interpellé la marque, lui reprochant d’avoir vendu la coiffe comme un accessoire haut de gamme dépouillé de sa signification religieuse, relate le magazine Time.

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Mis en vente sur le site Nordstrom, le Indy Full Turban de Gucci est déjà en rupture de stock. Et si les détails de l’article n’indiquent plus son prix exorbitant, des captures d’écran partagées sur les réseaux témoignent d’un prix exact fixé à 790 dollars, environ 700 euros.

Mercredi, l’association new-yorkaise Sikh Coalition – qui défend les droits et lutte contre la discrimination de la communauté sikhe – twittait : « Le turban sikh n’est pas simplement un accessoire de mode, il s’agit également d’un article de foi religieux sacré », pointant du doigt une appropriation culturelle inacceptable. Un terme (signifiant qu’une personne d’une culture « dominante » a adopté ou utilisé un élément d’une culture « minoritaire ») qui continue de faire débat, la frontière entre inspiration et appropriation demeurant tenue.

Gucci est loin d’être la seule à être accusée d’appropriation culturelle. Fin avril, c’est le créateur français Christian Louboutin qui, après d’être inspiré des chappals pakistanaises pour l’un de ses modèles, s’était attiré les foudres des amateurs de mode, beaucoup demeurant scandalisés à l’idée de débourser l’équivalent de plusieurs centaines d’euros pour des sandales grand public. Fin 2017, Louis Vuitton vendait à 2 200 euros ses couvertures inspirées de la culture Basotho.

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