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Dries : Un film dans les coulisses du gourou belge de la mode à imprimés

Vidéo Mode

Peu de temps après son centième défilé, le styliste belge Dries Van Noten voit sa carrière mise en images par Reiner Holzemer, dans Dries.

 

Trente ans, ou presque. Ça fait près de trente ans que Dries Van Noten pense les étoffes, jongle avec les imprimés, fait bouffer les volumes et met à ses pieds le monde de la mode. Discret, l’homme aux imprimés n’avait encore laissé personne entrer dans l’intimité de son travail, si intimement lié à celui de sa vie privée. Personne avant le réalisateur allemand Reiner Holzemer, qui présentait vendredi soir son dernier documentaire, Dries, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

©AFP PHOTO / PIERRE VERDY – Broderies, couleurs et volumes audacieux sont absents du style personnel de Van Noten.

La patience sur pellicule

Il aura fallu six ans et quatre collections pour que Holzemer, le « documentariste des photographes » (Anton Corbijn, René Burri, Magnum figurent dans sa filmographie), puisse dresser le portrait du Belge. Trois années, rien que pour que le créateur accepte de le faire entre dans les coulisses de ses shows du sublime.

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Revenant sur les moments forts et les « ratés » de sa carrière, le film de 90 minutes s’achève dans l’apothéose d’un défilé à l’opéra Garnier de Paris, un rêve enfin devenu réalité pour Dries Van Noten.

AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK – La collection automne-hiver 2017 de Dries Van Noten à l’opéra Garnier.

Je voulais que ce soit aussi intime et personnel que possible

62 jours de tournage résumés en un documentaire, c’est un « processus difficile », expliquait vendredi Reiner Holzemer à l’avant-première du film – à laquelle assistait également le créateur -, « parce qu’on ne veut pas jeter de trésors ». Filmant souvent seul, l’homme à la caméra est parvenu à dresser un portrait semble-t-il sincère et toujours pudique de Van Noten. « Je voulais que ce soit aussi intime et personnel que possible », a-t-il glissé.

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Génie discret

De la furie des podiums – toujours dans la mesure, chez notre compatriote – à la sérénité de son petit palais de Liers, en passant par son atelier anversois, le quotidien du designer de mode est déroulé avec souplesse et bienveillance. Mais Van Noten y reste un personnage furtif, qui avance à pas de chats à travers l’existence, loin des excentricités de certains créateurs poudrés.

AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK – La dernière collection du maître de l’imprimé.

Si le film est de facture si classique, c’est peut-être pour éviter de faire de l’ombre aux créations de Dries Van Noten, colorées, extravagantes, audacieuses et pourtant « portables » – la vision du styliste, en résumé -, qui défilent tout au long du documentaire. On y décèle l’évolution de son style, mais sa cohérence surtout, malgré le temps qui passe.

Un talent stable, qui a permis à Van Noten d’atteindre les sommets, qu’il a commencé à escalader en 1986, en sortant de l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, avec cinq autres bekende vlamingen de la mode – Ann Demeulemeester, Marina Yee, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene et Dirk Bikkembergs, avec qui il forme les « Six d’Anvers ».

©Steve Wood – Dries Van Noten habille hommes et femmes depuis plus de 25 ans.

Dries, une co-production de la RTBF et d’Arte, sortira le 5 avril dans les salles belges.

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