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Canada Goose critiquée pour son marketing « trompeur »

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En 2017 déjà, PETA manifestait contre la marque Canada Goose, en France. | © Alain Apaydin / ABACAPRESS.COM

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La marque Canada Goose est à nouveau dans la tourmente.

« Canada Goose essaie de cacher la vérité à ses clients », lance PETA qui a déposé une plainte auprès de la Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis contre la marque de vêtements. Connue pour utiliser de la vraie fourrure de coyote et des plumes d’oies pour rembourrer les duvets de ses vestes, cette dernière est particulièrement décriée par les défenseurs de la cause animale. Aujourd’hui, c’est le marketing de l’entreprise qui dérange. PETA n’hésite pas à le qualifier de « fallacieux et trompeur ».

Et pour cause, le New York Post indique que Canada Goose a tenté de modifier discrètement son langage publicitaire, passant d’une « garantie » que leurs fournisseurs ne maltraitent pas les animaux, à un « engagement » concernant l’approvisionnement « éthique ». Le journal new-yorkais souligne également que l’entreprise a effacé de son site la promesse selon laquelle elle n’utilisait que des coyotes de zones surpeuplées où ils attaquent des « animaux domestiques et parfois même des personnes ». Même chose pour une vidéo promotionnelle sur la traçabilité de la marque. Cette dernière présentait un ancien fournisseur dont les travailleurs ont ensuite été filmés, selon PETA, saisissant des oies par le cou, les entassant dans des cages étroites et les piétinant alors qu’elles s’entassaient dans les recoins, tentant de fuir. Canada Goose a toujours nié que la ferme présentée dans la vidéo fut un de ses fournisseurs.

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Si le moment du changement est difficile à déterminer, The New York Post note que la Commission fédérale du commerce des États-Unis a indiqué dans une lettre datant de juin que la marque avait pris des « mesures correctives » en réponse à une enquête menée dans l’entreprise. « Comme toujours, nous restons profondément attachés à l’approvisionnement éthique et à l’utilisation responsable de tous les produits d’origine animale dans nos produits », a déclaré Canada Goose dans un communiqué, cité par le journal. « Nous sommes heureux de constater que la FTC est satisfaite de nos communications concernant notre engagement en faveur du traitement humain des animaux. »

Un ingrédient secret, la cruauté

En pratique, peu de choses ont changé, précise PETA. « Les coyotes et les oies sont toujours tués pour les vêtements de la marque », rappelle l’association. « Canada Goose continue de tromper les consommateurs en laissant entendre que ses normes garantissent que les animaux élevés ou piégés et tués pour leurs vêtements mènent une vie heureuse. En réalité, les normes de Canada Goose en matière de bien-être animal sont tout au plus risibles. » En effet, la cruauté et la souffrance semblent être l’un des principaux matériaux des vestes, parkas, doudounes ou autres vêtements vendus par la marque. Selon les défenseurs des droits des animaux, les coyotes peuvent être laissés dans des pièges jusqu’à 72 heures. Les animaux qui n’ont pas succombé à leurs blessures, aux conditions climatiques ou aux prédateurs sont souvent, toujours selon PETA, étranglés, abattus, écrasés au sol ou battus à mort lorsque le trappeur les retrouve.

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Pour les oies, la pratique est également cruelle : « quel que soit le fournisseur, les oiseaux utilisés par l’industrie du duvet sont inévitablement envoyés à l’abattoir, où la pratique courante consiste à les suspendre à l’envers, à les étourdir, puis à leur trancher la gorge, souvent pendant qu’ils sont encore conscients ». PETA incite les consommateurs à regarder au-delà de la rhétorique de Canada Goose « afin de voir la souffrance réelle derrière chaque maille de ses manteaux », rappelant que les seuls qui ont besoin de cette fourrure et de ces plumes sont les coyotes et les oies eux-mêmes.

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