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Non, ce mannequin engagé par Zara n’est pas « plus-size »

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Jill Kortleve, mannequin soi-disant "plus-size" choisie par Zara. | © Zara

Mode

Zara suscite l’indignation sur les réseaux sociaux avec son mannequin soi-disant « plus-size » ou « ronde », alors qu’elle fait du 40/42.

On devrait s’en réjouir. Pour la collection de cet automne, Zara a fait appel au mannequin néerlandais Jill Kortleve. Sur son compte Instagram, la jeune femme de 25 ans, qui a déjà collaboré avec Alexander McQueen, Rihanna ou encore H&M, a remercié la marque espagnole de l’avoir choisie « comme l’un des premiers mannequins curvy pour [son] site ». L’arrivée de Jill Kortleve est une petite avancée pour l’enseigne qui nous a habitués à des mannequins filiformes, portant du 34. Mais de là à dire que Zara engage un modèle « rond » ou « plus-size », comme l’ont fait plusieurs médias, il y a un pas que nous ne franchirons pas. La Néerlandaise fait une taille 40/42, soit la moyenne en Belgique.

Dans un objectif marketing à peine déguisé, Zara fait un (petit) pas vers plus de diversité, jouant sur le concept très à la mode de body-positivism. Ou disons plutôt que, pour la première fois, la marque a décidé de travailler avec un mannequin qui se rapproche davantage de ses clientes, même si les tailles qu’elle propose n’excèdent jamais les 44/46 – encore faut-il en trouver dans ses magasins.

 

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Thank you @zara for using me as one of your first curve model on your website ❤️

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🤪🥺😄😎😏🙄🥴 @zara

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Une insulte aux femmes ?

Cette nouvelle collaboration n’a pas manqué de faire réagir de nombreux internautes, qui ont du mal à identifier Jill Kortleve comme un mannequin grande taille. « Selon Zara, c’est un mannequin « plus size », « rond ». Elle fait du 40/42 : la taille moyenne des Françaises. Soit on est toutes en surpoids, soit c’est vos codes qui ne sont pas les bons », écrit une internaute, tandis qu’une autre accuse la marque d’hypocrisie.

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La dessinatrice féministe Pénélope Bagieu, lauréate d’un prestigieux Eisner Award pour sa bande dessinée Culottées, a également critiqué le terme choisi pour décrire Jill Kortleve : « Je viens de lire que cette femme est le premier mannequin plus-size de l’histoire d’une marque méga-connue de prêt-à-porter, alors du coup je me demande si on cherche pas tout simplement a toutes nous rendre dingues et être sûrs qu’on se déteste bien », a-t-elle écrit sur Twitter, avant d’ajouter : « J’ai fait une phrase longue pour essayer de développer mon impression alors qu’évidemment ma vraie réaction a été de souffler ‘Mais niquez-vous’. »

Sa définition du mot « courbes »

Avec cette fausse appelation « grande taille », Zara ne fait qu’exacerber des complexes déjà bien nourris par, entre autres, la mode et la publicité. Mais ce n’est pas la première fois que l’enseigne de prêt-à-porter fait face à de telles critiques. En 2017, sa campagne Love your curves avait déjà déclenché le controverse, prônant des valeurs body-positives en affichant des mannequins minces. La preuve que Zara ignore totalement la véritable signification du mot « courbes ». Faut-il en rire ou en pleurer ?

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