Paris Match Belgique

Pourquoi la dernière campagne de Dior avec Johnny Depp est taxée de racisme

Johnny Depp pour la pose pour Dior. | © Dior

Mode

« The New Sauvage », dont l’acteur américain est le visage, a provoqué un tollé auprès de la communauté amérindienne.

« Le Nouveau Sauvage ». Non il ne s’agit pas d’un nouvel essai basé sur les travaux philosophiques de Jean-Jacques Rousseau, mais bien du dernier parfum signé Dior. Une eau de cologne intense dont un Johnny Depp très rock’n’roll est (encore) le visage. Mais la campagne, partagée le 30 août sur les réseaux sociaux, a rapidement été accusée de racisme.

Danse rituelle

En plein désert, on voit Johnny Depp jouer de la guitare alors qu’un Amérindien danse en tenue traditionnelle sous un soleil de plomb. « Nous sommes la terre« , souffle l’acteur américain, qui a décidément le don d’accumuler les polémiques. « Un voyage authentique et profond au sein de l’âme amérindienne, sur un territoire sacré, fondateur et séculier », lâchait même Dior dans un tweet supprimé depuis.

« C’est profondément offensant et raciste »

Mais la communauté amérindienne a peu goûté aux hommages de la maison française. « Je ne sais pas comment quelqu’un en 2019 peut penser qu’une campagne comme celle-ci peut bien se passer », a pesté Crystal Echo Hawk, représentant d’une association de défense des Amérindiens. « C’est profondément offensant et raciste« . Sur les réseaux sociaux, d’autres membres de cette communauté toujours marginalisée sont montés au créneau.

« Je suis furieuse de voir ma culture réduite à une stratégie marketing éhontée »

« Oh. Mon. Dieu. Combien de personnes (blanches) ont validé ça? Le racisme coûte toujours des millions aux entreprises lorsqu’elles doivent abandonner ce genre d’idées et pourtant elles le font toujours »

Lire aussi > De Standing Rock à Bruxelles, un mouvement amérindien à l’attaque des banques 

Si Dior se défend de tout racisme et assure avoir travaillé en étroite collaboration avec des consultants dans le but de respecter les valeurs indigènes, Johnny Depp, lui, n’est pas épargné par la polémique. Le Pirate des Caraïbes a en effet déjà prétendu avoir du sang amérindien dans les veines. En 2015, il était même question que l’acteur rachète les terres de Wounded Knee, théâtre d’un massacre abominable qui hante toujours les États-Unis. « Je m’intéresse à Johnny Depp depuis 2012. Il n’est pas Amérindien, il n’est pas leur ami », lance notamment Adrienne Keene, universitaire et chercheuse cherokee, à l’encontre de celui qui a incarné Tonto, un Comanche, dans The Lone Ranger et un Indien sans le sou dans The Brave.

CIM Internet