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Des créateurs en guerre contre le « politiquement correct » de l’époque

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Kaia Gerber défile pour Saint Laurent. | © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

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Alors que certaines stars de la mode entendent promouvoir les droits des femmes et la diversité, d’autres créateurs, comme le Belge Anthony Vaccarello dénonce un contexte étouffant pour la création.

« Puritanisme », « rabat-joie », « politiquement correct » : des stars de la mode comme Hedi Slimane ou Anthony Vaccarello dénoncent un contexte étouffant pour la création, prenant le contre-pied de ceux qui, au contraire, entendent promouvoir les droits des femmes et la diversité.

Le débat qui fait rage depuis le lancement du mouvement #MeToo s’est invité sur les podiums parisiens à l’occasion de la semaine du prêt-à-porter féminin. « Il y a cette posture tragiquement démago du politiquement correct (…). Nous ne sommes plus trop dans la légèreté », a déploré Hedi Slimane dans une rarissime interview à Vogue en août en invitant à « résister » à cette « forme déguisée de néoconservatisme ». L’un des créateurs les plus influents de la planète mode avait été la cible de critiques féroces il y a un an après la présentation de sa première collection femme pour la maison Celine célébrant la fêtarde qui passe son temps dans des boîtes de nuit en mini-robe, avec un casting jugé trop blanc. Il a depuis opéré un virage à 180 degrés vers une « néobourgeoise » en jupe-culotte et blouse à col lavallière, une tendance qui s’est précisée au défilé Celine vendredi soir.

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Le Belge Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent, a lui aussi dénoncé le « puritanisme » en revendiquant le droit à l’esthétique sexy, avec des micro-shorts, talons vertigineux et décolletés plongeants. « Il devient impossible d’avoir un avis contraire à l’opinion générale (…). On me dit ‘c’est trop court, trop transparent’. Je hais ce nouveau puritanisme qui juge tout », a-t-il déclaré au Journal de dimanche. Il refuse aussi « la communication quota » sur le nombre de personnes de couleur dans les défilés, même si Naomi Campbell a clôturé son show au pied de la tour Eiffel. « Le problème du racisme comme celui de la misogynie, c’est qu’il est dans l’oeil de l’autre, en tout cas pas le mien », selon le styliste.

La lutte continue

Dans une démarche opposée, l’Italienne Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de Dior et féministe assumée, a rendu hommage à Catherine Dior, soeur et muse de Christan Dior qui a été résistante, torturée et déportée et qui a fait carrière dans les fleurs après la guerre comme grossiste aux Halles de Paris.

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Maria Grazia Chiuri © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

« Nous devons toujours nous battre pour les droits des femmes et pour que la diversité et l’homosexualité soient acceptées dans la mode », estime le jeune créateur de Balmain Olivier Rousteing dans un entretien à l’AFP. « Les gens qui pensent qu’il n’y a plus de tels combats à mener sont démodés », conclut-il.

Avec Belga

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