Paris Match Belgique

La magicienne de l’aiguille qui habille la reine Mathilde

La reine Mathide porte régulièrement les créations signées Esmeralda Ammoun. | © Photo by MIGUEL RIOPA / AFP

Mode

La styliste, Esméralda Ammoun, habille les femmes élégantes. Un nom avec lequel il faut compter dans l’univers du sur-mesure.

Esméralda Ammoun a des mains en or. Après un long parcours dans l’univers de la Haute Couture, elle ouvre un atelier en son nom propre. Un lieu dédié à la couture sur-mesure et où le mot « exclusivité » prend finalement tout son sens. Dans les plus belles matières, elle crée le vestiaire idéal pour la femme élégante. Sa meilleure ambassadrice ? La reine Mathilde qui porte régulièrement l’un de ses modèles.

Quel a été votre parcours ?
J’ai travaillé longtemps avec Pierre Gauthier qui était mon mari. A ses côtés, je faisais exclusivement de la Haute Couture avec des finitions à la main, des broderies très raffinées, bref, des vêtements créés pour des cérémonies mais qui ne sont pas portables au quotidien. Ces splendides robes n’étaient faites que pour être portées une ou deux fois. J’ai eu envie de changement. Je voulais proposer autre chose, du sur-mesure, mais plus simple. Des robes, des tailleurs dans lesquels les femmes se sentiraient vraiment bien. Je me suis lancée. J’aime l’idée qu’en changeant d’accessoires, le vêtement ait plusieurs vies.

Vous avez une matière de prédilection ?
J’aime beaucoup le néoprène. C’est une matière confortable, très sensuelle. Lorsqu’elles l’ont sur la peau, les clientes sont conquises. Je le mélange parfois à d’autres matières comme un tissu africain ou je le propose peint par l’artiste Paula Raiglot avec qui je collabore. Ce matériaux était très présent dans la collection de l’an passé et de cette année-ci, mais ce ne sera pas systématique.

Vous travaillez beaucoup pour la reine Mathilde ?
Je réalise pour elle cinq ou six pièces par an. Malgré son emploi du temps très chargé, elle dégage régulièrement un créneau pour discuter de qu’elle aimerait, et se libère pour les indispensables essayages. Comme je n’ai pas de collection à proprement parler, je lui propose des créations uniques.

Esméralda Ammoun porte ici une capuche en vison lustré rouge bordé de renard noir. © Luc Viatour.

Natan serait-il votre principal concurrent ?
Pas vraiment ! Je n’ai qu’un petit atelier. On ne peut pas concurrencer Monsieur Vermeulen. Il y a longtemps, j’ai travaillé pour lui. Nous avons sans-doute la même clientèle, mais notre travail n’est pas similaire. Lui, il propose de véritables collections chaque saison, y compris en prêt-à-porter, il a plusieurs boutiques et il est d’avantage médiatisé.

Est-ce évident de lancer une griffe en Belgique ?
Non ! C’est un véritable parcours du combattant. Moi, j’ai eu la chance de bénéficier de la notoriété de Pierre Gauthier avec qui j’ai travaillé 20 ans. Lorsque je suis partie, la clientèle m’a également suivie.

Lire aussi >Les 10 personnalités qui ont le plus influencé la mode en 2019

Vous proposez beaucoup de pièces ornées de fourrure. Vous n’avez pas peur de susciter une polémique concernant la protection des animaux ?
Non, pas vraiment ! Le rendu de la fourrure n’est jamais le même que celui d’une fourrure synthétique. Je suis fidèle à mes convictions en cette matière. D’abord, je fais beaucoup de recyclage en transformant des manteaux déjà existants. Ensuite, je ne travaille qu’avec des élevages légaux où les animaux sont traités avec respect. Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe en Chine. D’ailleurs pour avoir une fourrure de qualité il faut que l’animal ait été bien traité. Je pense qu’il y a une juste mesure.

Lorsque les modèles défilent, on mesure le talent de la créatrice. © DR

Les matières que vous utilisez sont-elles exclusives ?
Non, mais ce sont toutes des matières haute couture. Les fournisseurs viennent directement me les proposer.

Vos clientes arrivent-elles souvent avec une idée de la robe ou du tailleur qu’elles désirent ?
Oui. Elles viennent en général avec un dessin ou une photo. Nous en discutons et nous faisons un travail ensemble afin de déterminer si le modèle est en adéquation avec leur morphologie. Si ce n’est pas le cas, nous essayons de trouver un compromis. La démarche ne consiste pas à copier un modèle existant. Quand une cliente arrive avec un visuel de Chanel, je préfère qu’elle achète la pièce directement dans la boutique de la marque.

La reine Mathide portant les créations signées Esmeralda Ammoun. © Patrick van Katwijk/Getty Images

En sur-mesure, la premier essayage est une toile ?
Exactement ! Je coupe d’abord une toile sur laquelle on peut faire toutes les transformations et tous les ajustements. Quand la toile est parfaite, je passe à la réalisation du vêtement proprement dit.

Vous faites également des robes de mariée ?
Uniquement la robe courte.

Quels sont les adjectifs qui définissent votre style ?
Il est féminin, sensuel, et surtout dynamique.

Peut-on parler de prix ?
Bien sûr ! Le prix d’une robe de jour longue coûte environ 800 €. Une robe en néoprène, 1 200 €. Si elle est peinte, il faut compter au moins le double. Je crée des robes du soir à partir de 4 000€. Tout dépend bien sûr des matériaux utilisés.

Esméralda Ammoun
5 avenue Lauriers Cerises – 1950 Kraainem
Tél. 0472/50.68.50

CIM Internet