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Selly Raby Kane, princesse de la mode africaine

Selly Raby Kane à Dakar en 2014. | © Omar Victor Diop

Mode

Chef de file de la culture alternative dakaroise, la créatrice Selly Raby Kane a accordé une interview à Paris Match Afrique avant sa participation au Tribeca Film Festival de New York.

 

Alors étudiante en droit privé à Paris, c’est en 2008 que Kane décide de rentrer à Dakar, sa ville natale, pour voir si les vêtements qu’elle dessine depuis son plus jeune âge « ont quelque chose à dire de pertinent ». À son arrivée, c’est une ville en pleine effervescence qu’elle retrouve. Et c’est dans ce « bouillonnement culturel incroyable » qu’elle rencontre d’autres talents de la capitale avec qui elle mettra sur pieds le collectif des Petites Pierres. Vivier de la jeunesse alternative et véritable plateforme d’expression artistique, on retrouve parmi ses membres, le talentueux photographe Omar Victor Diop, avec qui la créatrice réalise en 2016 la série  » Mindset  » exposée au Grand Palais dans le cadre de la foire internationale d’art Paris Photo.

Très tôt j’ai eu goût pour tout ce qui est spéculatif .

Il aura fallu à Selly Raby Kane quatre années de travail avant qu’elle ne lance, en 2012, la marque éponyme « Seraka ». Un succès discret qui ne sera fulgurant que quelques années plus tard. En effet, c’est en 2016 que Beyoncé est repérée dans les rues de New York avec le fameux « kimono-crevette », pièce maîtresse de la collection automne/hiver 2015 « Birds of Dakar ».

 

Selly Raby Kane offre un univers éclectique et décalé, subtil mélange entre cartoon fantastique, style urbain à l’occidentale et traditions africaines.

Quand on lui demande d’où elle tire cette identité singulière la créatrice évoque ses dessins d’enfance, la passion de son père pour les films d’horreur et bien sûr sa ville, Dakar, source d’inspiration quotidienne. C’est d’ailleurs là-bas, en 2014, qu’elle est remarquée pour sa collection, « Alien Cartoon », mise en scène avec l’artiste Ibaaku dans la vieille gare de la capitale. Salué par la presse nationale, le show a attiré plus de 2 500 personnes. « Une vraie démonstration de force des jeunes créatifs de la ville« , nous explique SRK.

La mode reste mon pilier et toutes mes créations en dehors sont comme des satellites.

Très vite approchée par les musées d’art contemporain et les médias internationaux, Selly Raby Kane séduit aussi l’institution Design Indaba où elle anime un talk en 2015. Elle est alors nommée directrice artistique de la conférence annuelle de 2017 au Cap, plus grand festival de design d’Afrique, « un réel défi » pour la créatrice, unanimement saluée pour l’installation réalisée pour l’événement.

Actuellement à New York pour le Tribeca Film Festival où elle y présente un court-métrage, SRK sera de retour à Dakar très prochainement pour l’ouverture de sa première boutique. En attendant la date officielle d’inauguration de son premier point de vente, ses créations sont, pour les plus impatients, dores et déjà disponibles en ligne. Des rêves plein la tête et une ambition sans limite, la jeune femme regorge de projets. Son plus grand souhait : ouvrir d’autres boutiques sur le continent.

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