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Le « Made in China » se lance à la conquête du vêtement de luxe

La mode made in china ne veut plus avoir son étiquette de mauvaise qualité

Une mannequin défilant à la Fashion Week de Paris pour Jarel Zhang, un créateur chinois. | © Julie Sebadelha / Abacapress.com

Mode

Les idées reçues ont décidément la peau dure. Réputé bon marché, le « Made in China » veut montrer qu’il est également gage de qualité, et qu’il se porte aussi bien à la Fashion Week que sur les tapis rouges d’Hollywood.

 

Encore souvent synonyme de vêtements bon marché, le « Made in China » prend peu à peu pied dans le luxe grâce à des marques haut de gamme qui s’implantent à Paris, capitale de la mode, pour toucher une clientèle plus internationale. « Nous donnons à voir une mode qui vient de Chine mais qui s’adresse au monde entier, en créant de nouvelles références sur ce pays. On met en avant un nouveau ‘Made in China’ de qualité et de raffinement », résume à l’AFP la Française Isabelle Capron, directrice générale d’Icicle Paris.

Fondée à Shanghai en 1997, cette marque chinoise annonce 270 magasins en Chine, pour un volume d’affaires de 250 millions d’euros. Elle a ouvert en septembre à Paris sa toute première boutique internationale, au cœur du « triangle d’or » du luxe. Le credo d’Icicle ? Uniquement des matières naturelles – cachemire, soie, coton, laine, lin – et des teintures végétales – oignon, écorce de noyer, fleur d’isatis, thé. Les vêtements sont fabriqués en Chine dans trois usines détenues par le groupe.

Une mauvaise image qui colle à la peau

Mais encore aujourd’hui, les vêtements estampillés « Made in China » restent synonymes de qualité médiocre pour nombre de consommateurs européens. « Les stéréotypes sont très tenaces : il y a sept ans, lorsque j’ai dit que je rejoignais un groupe chinois, certaines personnes m’ont regardée avec en tête cette image que les Chinois ‘n’ont pas de goût, qu’ils font de la mauvaise qualité’. Mais aujourd’hui, il y a un vrai basculement, cette nouvelle vague de marques chinoises est une lame de fond », juge Isabelle Capron.

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Uma Wang, Masha Ma, Yang Li, Jarel Zhang… Plusieurs créateurs chinois figurent au calendrier officiel de la Fashion Week de Paris. Shiatzy Chen, maison lancée en 1978 à Taïwan, fabrique pour sa part à Shanghai et Taipei. Elle défile depuis dix ans à Paris et s’est même installée sur la célèbre avenue Montaigne (dans le 8e arrondissement).

La marque, qui sur son site internet se veut un fleuron du « chic néo-chinois », compte 70 boutiques en Asie. Les collections séduisent par le mélange de savoir-faire traditionnel et de coupes contemporaines. « Nous utilisons beaucoup d’artisanat et nous avons toujours fait attention d’intégrer des éléments chinois dans nos créations », explique à l’AFP Wang Chen Tsai-Hsia, la fondatrice, dont la marque est parfois décrite comme « le Chanel chinois » tandis qu’elle-même est surnommée la « Coco Chanel taïwanaise ».

Le savoir-faire asiatique s’affiche également sur les tapis rouges. Lors des avant premières du film Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker, l’actrice Kelly Marie Tran (incarnant Rose Tico) a mis en valeur les créations de deux stylistes asiatiques.

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