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Mode, gloire et beauté sur les marches du Met Gala

Le premier lundi de mai, la planète mode se presse sur les marches du Met | © Belga

Mode

Le premier mai, tandis que d’aucun serreront un brin de muguet dans leur poing levé, de l’autre côté de l’Atlantique, les belles s’en iront au bal. Chaque année, le Met Gala rassemble tous ceux qui comptent pour une soirée au Metropolitan Museum of Art placé pour l’occasion sous le signe de la mode. Visite guidée. 

Pour les journalistes mode, l’évènement fait figure de cérémonie des Oscars et de Fashion Week réunies. Non seulement la crème de la jet-set internationale se presse sur les marches du Met, mais en plus, c’est à qui fera preuve du plus d’audace pour coller au thème de la soirée. Après s’être aventuré du côté du punk ou de l’esthétique orientaliste, le thème proposé cette année revient à la tradition de mettre un couturier à l’honneur : en l’occurence, Rei Kawakubo et son label Comme des Garçons. Un parti pris garanti de créer la surprise sur le tapis rouge ce lundi.

Potins mondains

Car il ne peut évidemment y avoir de bal sans coups d’éclat, et le Met Gala ne déroge pas à la règle. En 2014, la soeur de Beyoncé, Solange, a ainsi créé l’événement en étant filmée en train d’attaquer sauvagement Jay-Z dans un ascenceur du musée. L’année précédente, Kim Kardashian avait fait couler beaucoup d’encre en moulant sa silhouette dans une création fleurie signée Givenchy, qui ne faisait pas grand chose pour avantager ses courbes de femme enceinte. Réussissant le pari de rassembler des célébrités de tous horizons le temps d’une soirée, le Met Gala est un réservoir sans fin de potins, de la première apparition publique de la top Gigi Hadid avec Zayn Malik à la rencontre endiablée de Taylor Swift et Tom Hiddleston. Une dérive tabloïdesque qui ne doit que moyennement plaire à Anna Wintour, membre du comité d’organisation de l’événement depuis plus de 20 ans.

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Anna Wintour et sa fille, Bee Shaffer – Belga

Des places chèrement acquises

Avant d’être un miroir aux alouettes pour les paparazzi, l’événement a été conçu pour récolter des fonds pour le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art. Lancé en 1946, l’événement coïncide avec le lancement de l’exposition annuelle dédiée à la mode. Et si les créations exposées sont intemporelles, sur le tapis rouge, c’est la course aux tendaces : être invité signifie l’appartenance au cercle très fermé de ceux qui sont « in », et rien ne garantit d’en être l’année d’après. Considéré comme un des événements les plus exclusifs de la haute-société new-yorkaise, le Met Gala s’illustre aussi par les montants importants qu’il permet de récolter. En 2014, le record a été battu avec 12 millions de dollars versés pour le Costume Institute en une seule soirée. Indécence, frivolité ? « Tous les vices à la mode passent pour vertus », et payer 25 000 dollars l’entrée n’est pas dispendieux mais honorable quand il s’agit de soutenir un musée, Molière lui-même en conviendrait.

Immersion en coulisses

Rassemblant pouvoir, argent et beauté, le Met Gala a tous les ingrédients d’un film à succès. Un casting de rêve qui n’a pas échappé à Andrew Rossi, dont le documentaire, The First Monday in May, emmène les vulgaires mortels dans les coulisses de cette soirée d’exception. Sa caméra capture les angoisses d’Andrew Bolton, le conservateur du Costume Institute, mais aussi et surtout le rôle prépondérant joué par Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue US et responsable de la guest list pour l’événement. « Les réalisateurs de documentaire sont furtifs, ils se cachent et attendent le moment où vous vous ridiculisez pour l’immortaliser ». Si de tels moments sont absents du documentaire, il offre toutefois une réalisation rassurante : non, les célébrités ne savent pas non plus comment avoir l’air cool en dansant en soirée.

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Le Met Gala rassemble la crème de la crème –  Belga

Soirée surfaite

Et si certains VIP ne rateraient pour rien au monde la montée des marches du Met, d’autres, au contraire, ont quelque peu brisé le mythe de la « meilleure soirée de l’année ». Avec la candeur qui la caractérise, Gwyneth Paltrow a ainsi annoncé en 2013 qu’on ne l’y reprendrait plus : « c’est nul. chaque année, tout le monde se dit ‘Oh mon Dieu, ça va être tellement glamour et parfait’, et en réalité, il fait chaud, c’est bondé, et on se fait pousser dans tous les sens ». Même son de cloche du côté de la comédienne américaine Amy schumer, qui a comparé la soirée à « une punition ». « Les gens font semblant de se parler, on est tous habillés de manière ridicule… J’ai rencontré Beyoncé, qui m’a demandé si c’était mon premier Met Gala. je lui ai répondu que c’était aussi le dernier ! ».

Avant-garde

Surfait, le Met Gala ? Comme chaque année, les 650 tickets disponibles ont été vendus, et la planète mode frétille à l’idée de découvrir les tenues. Avec Rei Kawakubo à l’honneur, le tapis rouge promet d’être surprenant. Connue pour ses silhouettes volumineuses tantôt avant-gardistes, tantôt loufoques, la créatrice de Comme des Garçonsne manquera pas d’inspirer les célébrités à se surpasser. Pour finir sur les best-dressed lists, ou moquées pour leur audace ? En mai, elles feront de toute façon ce qui leur plait.

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