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Le défilé féministe de Dior Haute Couture [PHOTOS]

le défilé féministe de dior

Monica Bellucci, Uma Thurman ou encore l'autrice féministe Chimamanda Ngozi Adichie étaient présentes. | © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Mode

Au Musée Rodin à Paris, la maison française a installé une déesse géante pour son défilé audacieux et féministe.

Dior a présenté lundi un manifeste féministe au premier jour de la haute couture à Paris, défilant dans le ventre d’une déesse auquel les invités, parmi lesquelles Monica Bellucci ou Uma Thurman, accédaient par son sexe. En tongues et tuniques transformées en robes du soir, les déesses ont évolué au cœur d’une installation créée par l’artiste féministe américaine Judy Chicago dans la cour du musée Rodin. « Nous y entrons de la façon dont nous sommes sortis » pour venir au monde, a-t-elle résumé à l’AFP.

« Et si les femmes dirigeaient le monde ? », lit-on sur une bannière tendue en fond du défilé. « Les hommes et les femmes seraient-ils égaux ? La planète serait-elle protégée ? », interrogent d’autres banderoles brodées par des filles, élèves d’une école de broderie en Inde où cet art est traditionnellement réservé aux hommes.

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le défilé féministe de Dior
Maria Grazia Chiuri, directrice artistique des collections Femme de Dior et féministe engagée. © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Dior et ses déesses féministes

Cette collaboration avec des femmes artistes est la dernière en date de l’Italienne Maria Grazia Chiuri, directrice artistique des collections Femme de Dior et féministe engagée qui s’interroge, avec ce défilé, sur l’équilibre entre la création et la procréation et souhaite donner un coup de pouce aux femmes qui n’osent pas avancer dans leur vie professionnelle.

« Le pouvoir des femmes n’est pas seulement dans la reproduction, mais aussi dans la création », a affirmé Maria Grazia Chiuri à l’AFP. La créatrice a imaginé 77 looks à couper le souffle pour les Athénas et Artémises modernes, afin de célébrer « l’aspect divin des femmes et leur pouvoir ».

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Les femmes peuvent créer leurs propres dieux et modèles, a-t-elle insisté, en envoyant ses déesses sur un tapis violet impérial de « mille fleurs » imaginé par Judy Chicago en hommage à Aliénor d’Aquitaine, la souveraine médiévale de France et d’Angleterre. Les robes dont le drapé épouse et structure la silhouette sont inspirées du péplum. D’une simplicité qui n’est qu’apparente, plusieurs sont faites d’une pièce de mousseline modelée avec des cordages.

le défilé féministe de Dior
© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Parmi les pièces fortes, des robes à franges dorées, tressées à partir de fils métalliques, captent la lumière et donnent le « plombé », cette allure particulière, structurée et puissante. À l’instar des robes des années 30, elles vont vieillir en s’oxydant et en prenant une patine mate. L’or, couleur divine, est essentielle dans cette collection. Les vestes cintrées dorées évoquent les armures élégantes, jupes et pantalons sont coupés dans des matières plus masculines, en fil métallique.

« Le vrai problème est que nous, en tant que femmes, ne nous autorisons pas à rêver », s’insurge Maria Grazia Chiuri. « Quand j’ai commencé dans la mode, je n’ai jamais pensé qu’il serait possible pour moi d’être à ce poste. D’où vient ce blocage ? », s’est-elle interrogée.

Avec Belga

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