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Le calvaire des mesures d’hygiène dans les grandes enseignes de vêtements

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Les vêtements retournent parfois en rayon plus vite que prévu. | © Burgess Milner/Unsplash

Mode

Difficile de respecter et de faire respecter les règles lorsque le personnel est en sous-effectif.

 

La CNE dénonce lundi, dans La Libre Belgique, des mesures d’hygiènes non respectées dans certaines grandes enseignes de vêtements. Alors que les magasins sont à nouveau accessibles depuis lundi 11 mai, la reprise des activités ne se passe pas du tout comme les syndicats l’avaient espéré.

Cabines d’essayage fermées

« Dans certaines grandes enseignes, on a purement et simplement fermé les cabines d’essayage. Dans d’autres, une sur deux reste ouverte et les cabines ne sont nettoyées que deux à trois fois par jour, pas plus. Les tentures des cabines, qu’elles soient en tissu ou en plastique, ne sont pas non plus nettoyées », explique le permanent CNE Jalil Bourhidane.

Selon le syndicaliste, cet état de fait est dû à un manque de personnel dans les magasins. « Des vendeurs ont été mis en chômage temporaire. En moyenne, dans les grandes enseignes, il n’y a pas plus de 60 % du personnel au travail, souvent moins. Dans les plus petites boutiques, le vendeur est la plupart du temps seul. Le personnel en sous-effectif n’a donc pas le temps de respecter ces procédures lourdes de nettoyage », dit-il.

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Autre problème pointé par la CNE : la remise en rayon des vêtements essayés. « Nous avions cru qu’ils ne seraient pas remis dans les rayons avant 24 heures mais on nous rapporte des pressions faites par les managers pour que ce délai soit plus court », signale Jalil Bourhidane.

Alors, outre une forme de responsabilité de la part des clients, le syndicat chrétien demande la fermeture des cabines d’essayage dans toutes les grandes enseignes, « afin d’éviter toutes ces procédures à un personnel qui est déjà épuisé, une semaine après la réouverture ». Il souhaite aussi que les directions augmentent le nombre de travailleurs en magasin.

Un premier week-end plutôt calme

Par ailleurs, le premier samedi depuis la réouverture des magasins non-alimentaires n’a pas connu de grande affluence, ni de gros couacs. Les commerçants se disant relativement satisfaits des ventes réalisées, ressort-il d’un coup de sonde effectué auprès d’organisations de commerçants indépendants. Les clients semblent avoir privilégié l’efficacité au lèche-vitrine.

« Après avoir réalisé entre 30 et 40% de leur chiffre d’affaires normal pendant la semaine, les commerçants indépendants ont en moyenne réalisé samedi 60% d’un samedi normal », indique la présidente du Syndicat neutre pour indépendants (SNI), Christine Mattheeuws, estimant que « ce n’est pas si mal que cela », en attendant que les affaires reviennent « lentement mais sûrement » à un niveau plus normal. Pour cela, il faudra sans doute encore attendre plusieurs semaines avec le retour de touristes et la réouverture des établissements horeca.

« D’après le sondage que nous avons effectué, ce premier samedi n’a pas été particulièrement problématique », indique-t-on du côté de l’Union des classes moyennes (UCM). Parmi les 812 commerçants indépendants de Wallonie et de Bruxelles sondés par l’UCM, 75% ont dit avoir reçu « peu de clients ». Par ailleurs, 88% avaient prévu un affichage à l’entrée du magasin et l’utilisation de gel désinfectant; 48% un marquage au sol pour respecter les distances; 46% l’obligation de porter le masque; et 27% avaient prévu de mettre des masques à disposition de leurs clients.

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Les rendez-vous permettent de filtrer les clients qui viennent vraiment pour acheter. ©Artem Beliaikin/Unsplash

Le lèche-vitrine n’a plus vraiment la cote en ces temps d’épidémie de coronavirus: les clients qui se sont déplacés en magasins sont plutôt venus pour acheter et non pour flâner d’une boutique à l’autre. Il est vrai que les règles du Conseil national de sécurité prévoient que le temps de présence en magasin soit limité à 30 minutes par client. Et si le chaland n’était pas là en grand nombre, il a plutôt eu tendance à se montrer efficace et à acheter davantage que d’habitude, selon le SNI.

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Du côté de l’UCM, on constate qu’un commerçant sur quatre préfère actuellement fonctionner sur rendez-vous. « Cela concerne surtout les magasins de vêtements, cela permet d’être sûr que la personne vient bien pour acheter ».

Plus généralement, les commerces non alimentaires ont une peur bleue d’un éventuel second confinement, auquel bon nombre d’entre eux ne survivraient pas. Si les mesures publiques de soutien sont les bienvenues pour garder la tête hors de l’eau, des commerçants indépendants en Bruxelles et en Wallonie regrettent que les aides n’y soient pas aussi généreuses et efficaces qu’en Flandre.

Avec Belga

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