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Du harem à l’entrepreneuriat : l’incroyable destin de la fondatrice de Roxy

Jill Dodd a raconté son incroyable parcours dans une autobiographie | © Instagram @ Jill Dodd

Mode

Avec ses vêtements de sport qui allient style et confort et une écurie de championnes pour égéries, Roxy incarne une vision cool et libérée de la féminité. Et pourtant : avant de lancer sa marque, Jill Dodd était à mille lieues des valeurs que Roxy incarne.

La fille Roxy, cool et décomplexée – Roxy

Aujourd’hui, Jill Dodd est l’incarnation du succès, la marque qu’elle a fondée étant vendue partout dans le monde et indissociable des championnes de glisse. Mais pour en arriver là, la native de Los Angeles a suivi un parcours peu orthodoxe. Après des débuts dans le mannequinat et avant de lancer Roxy, elle a en effet fait partie d’un harem. Et pas n’importe lequel.

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Mille et une nuits

« C’était le début des années 80, je n’avais que 20 ans à l’époque, ma carrière venait de commencer et j’étais très naïve. Des amis faisaient la fête à Cannes et m’avaient invitée à les rejoindre. C’est là que j’ai fait la connaissance d’un homme plus âgé, un peu chauve et ventripotent » raconte Jill dans son autobiographie, The Currency of Love. « Contre toute attente, je suis rentrée avec lui, et il m’a observée pendant que je me prélassais dans son jacuzzi. Quand je suis sortie de l’eau, il a pris mon visage dans ses mains et il m’a dit qu’il ne pouvait pas m’embrasser tant qu’il ne m’avait pas expliqué sa situation. C’est là qu’il m’a annoncé qu’il venait d’Arabie Saoudite, où il avait le droit d’avoir trois épouses légales et onze « femmes de plaisir », et qu’il voulait que je devienne l’une d’elles ». En acceptant sa proposition, la belle devient membre de son harem.

Jill et Adnan au temps du bonheur – Jill Dodd

Ménage à onze

« C’est seulement après que j’ai appris qu’Adnan Kashoggi était un marchand d’armes milliardaire. Pour moi, il était très attentionné, et il me couvrait de diamants et de bijoux. Après Cannes, il m’a installée dans sa propriété de Marbella avec une autre de ses concubines, Sabine ». Un ménage des plus inhabituels pour la jeune mannequin : « une nuit, Adnan s’est faufilé dans ma chambre avec un cadeau pendant que je dormais. Quand il a vu mon visage, il a été surpris, et il a quitté la chambre en disant qu’il s’était trompé de porte mais que je pouvais garder le cadeau ». Décontenancée par son mode de vie et terrifiée par le spectre du SIDA, Jill décide de quitter le harem en 1982. Mais pas avant qu’Adnan ne lui fasse un dernier beau cadeau.

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Aucun regrets

Le marchand d’armes a en effet financé les études de sa concubine américaine au Fashion Institute of Design. La suite : sept ans après avoir regagné son indépendance, Jill Dodd a lancé sa marque, Roxy, connue dans le monde entier aujourd’hui. La mère de trois enfants se consacre désormais à la peinture et à l’écriture dans sa Californie natale, et a écrit son autobiographie pour faire sens de son parcours exceptionnel. Et pour tourner la page. « J’ai longtemps ressenti de la honte d’avoir fait partie d’un harem. Les gens partent directement du principe que tu es une prostituée. Maus aujourd’hui, je réalise qu’il n’y a pas de honte à avoir. Je n’ai jamais abandonné mon ambition, mon indépendance ou ma créativité quand j’étais avec Adnan. Je n’ai pas de regrets ».

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