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Dorian Fonck vole la vedette à l’Helmo Mode 2017

Faussaire ou faux cerf ? | © DR

Mode

Sa collection a beau être intitulée Le Faussaire, Dorian Fonck s’illustre par son originalité. Et le jury d’Helmo Mode 2017 ne s’y est pas trompé, attribuant au jeune créateur originaire d’Arlon le prix du jury et le prix presse. La première étape d’une carrière brodée de succès? 

23 ans seulement, et pourtant, Dorian Fonck semble avoir déjà vécu mille vies. Diplômé en coiffure et en maquillage artistique, le jeune natif d’Arlon a choisi d’explorer le vêtement, prolongement naturel de son premier cursus scolaire. Une manière d’exprimer le regard atypique, engagé, mais joyeux qu’il porte sur le monde et la mode. Un regard joyeux, mais une approche rigoureuse :  convaincu que la création textile est indissociable de la technique, Dorian a choisi la coupe directe, une technique utilisée pour l’ensemble de cette collection doublement primée. Une collection qui trahit sa passion pour la poésie.

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Faux cerf

Baptisée Le Faussaire et composée de 6 silhouettes masculines, la collection plonge le curieux dans l’art de la contrefaçon picturale. Inspiré par Guy Ribes, un ancien marin reconverti dans la contrefaçon de toiles de Dali ou de Picasso, cette série de pièces est un clin d’oeil aux techniques utilisées pour détecter les faux tableaux, dont – notamment – l’idée de couches successives. Un concept qu’on perçoit clairement dans cette collection pensée pour un homme d’aujourd’hui, en quête de vêtements pratiques et ludiques. Fidèle à son amour des mots, Dorian Fonck s’est également amusé à détourner son thème principal en imaginant un « faux cerf », sorte de Bambi malicieux qui donne à chaque silhouette un supplément de légèreté et d’audace.

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Pour la beauté du terme

« Quand j’ai réfléchi à des idées pour ma collection, j’ai tilté sur le mot « faussaire », la beauté du terme. Ca m’a donné envie de me lancer dans des recherches très approfondies sur tous les faussaires que j’ai pu trouver, explique Dorian. Le processus en lui-même m’a beaucoup plu, mais thème trop sérieux, j’avais besoin de m’amuser. Je fais souvent des jeux de mots, et j’ai réalisé qu’il y avait des « faussaires » mais aussi des « faux cerfs », donc je suis parti de là pour élaborer une collection sur la forêt ». Une promenade onirique entre nature et histoire de l’art, qui n’a pas manqué de séduire le jury composé entre autres du couturier Giovanni Biasiolo et de la créatrice d’accessoires Ariane Lespire.

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L’amour de la technique

Poésie, humour, et enchantement des ses pairs et du public : le parcours de Dorian n’est pas sans rappeler celui d’un autre couturier issu de Liège, le trublion de la mode Jean-Paul Lespagnard. Plutôt que de rêver de Paris et de Fashion Weeks, Dorian, lui, se voit plutôt transmettre sa passion de la technique. « J’aimerais beaucoup voyager pendant mes stages, pourquoi pas au Canada. Après, je n’ai pas vraiment de projet à court terme, mais à long terme, enseigner la technique aux étudiants me plairait beaucoup. Je ne rêve pas d’avoir ma propre maison de couture, j’adore la technique et apprendre de nouvelles façons de faire, et une fois que j’aurai acquis suffisamment d’expérience, le plus valorisant pour moi serait de la partager ».

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