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Clio Goldbrenner répond à ses critiques

Les sacs Clio Goldbrenner au centre de la polémique

Mode

Des étiquettes Made in China découvertes dans certains sacs siglés Clio Goldbrenner : il n’en fallait pas plus pour que certaines modeuses crient à la trahison.  Déception légitime, ou mise à sac hypocrite ? Rencontre avec la créatrice.

Clio Goldbrenner, la créatrice au centre de la polémique

Les Parisiennes ont leurs Hermès, les Milanaises, leurs Prada et les Bruxelloises, elles, se reconnaissent à leurs sacs en cuir rehaussés de cotte de maille dorée – emblème discret d’une marque d’accessoires incontournable pour toute modeuse belge qui se respecte.
A condition de pouvoir se l’offrir : compter 425€ pour le Clio, modèle emblématique de la griffe éponyme. Qu’à cela ne tienne : quand on aime, on ne compte pas, et la planète mode s’est emballée pour ces sacs à l’allure élégante et intemporelle et aux lignes léchées.
Le secret du succès de Clio Goldbrenner ? La passion.
« Dès que j’ai lancé ma marque, j’y ai cru, j’ai toujours travaillé énormément et j’ai bien entendu toujours espéré que l’engouement suivrait. J’ai tout mis en œuvre pour que mes créations soient reconnues : je me souviens des premiers colis de livraison stockés dans mon garage, le showroom au sous-sol de l’appartement que j’occupais… Je n’ai pas hésité à sillonner la Belgique au volant de ma voiture pour proposer mes créations aux boutiques que j’avais sélectionnées » raconte Clio.

Une succes-story à la Belge, faite d’inventivité et de détermination : de quoi contribuer à populariser la marque. Mais gare aux représailles quand il s’avère que les sacs ne sont pas si Belges que ça : Clio en a fait les frais le week-end dernier et est sortie de l’expérience blessée.

 

La main dans le sac

Dimanche, sa marque a en effet le buzz de manière plutôt désagréable : ayant découvert une étiquette Made in China dans son sac siglé Clio Goldbrenner, une cliente mécontente s’est empressée de la poster sur les réseaux sociaux. Tremblement sur la planète mode, rapidement suivi d’une seconde onde de choc : dans d’autres modèles, l’étiquette a tout bonnement disparu.
Manœuvre malhonnête ? Selon Clio, il s’agirait plutôt d’un malentendu.
« J’ai été étonnée par ce backlash. Ce n’est un secret pour personne : aujourd’hui toutes les marques haut de gamme outsourcent leur production. En plus de ça, nous n’avons jamais prétendu produire nos sacs en Belgique. Depuis le début, le design des sacs ainsi que le choix des matières premières et la gestion de la marque sont réalisés dans nos bureaux à Bruxelles. Toutefois, nous ne pouvons pas nous permettre de fabriquer nos sacs en Belgique. Il n’existe en effet plus aucun atelier de maroquinerie pouvant satisfaire nos demandes tant sur le qualitatif, que le quantitatif. Nous travaillons donc avec différentes usines principalement dans trois pays : Espagne, Chine et Portugal. On est très loin des stéréotypes d’usines employant des centaines de personnes à la chaîne, tous les articles sont fabriqués à la main dans le respect des traditions de la maroquinerie. Nous nous revendiquons comme une marque belge: les créations sont toutes exclusivement élaborées depuis nos ateliers de création en Belgique».
Et si ces pays n’apparaissent pas sur les étiquettes, ce n’est pas pour tromper les consommatrices, affirme la créatrice : « suite à de mauvaises expériences de contrefaçons et à différents procès, nos conseillers nous ont recommandé d’enlever des étiquettes de provenance sur nos sacs. Dans le milieu de la mode, une usine de qualité dirigée par des personnes de confiance, est un secret bien gardé, un trésor que chaque marque protège. Nous avons certainement agi par excès de prudence mais nous n’avions pas un instant anticipé l’impact de cette décision sur nos clientes »

L’esprit critique

Un impact dont Clio a pris douloureusement la mesure ce week-end : « j’ai été blessée par les commentaires que j’ai pu lire. Depuis le début de l’aventure, j’ai été principalement guidée par la volonté de satisfaire les femmes qui portent mes créations. Cela a toujours été ma plus grande satisfaction et lorsque je rencontre une cliente qui est ravie de son sac, je suis heureuse. Par conséquent, que certaines clientes qui me font confiance aient pu mal interpréter mes intentions, cela m’a fort peiné ». Pour consoler Clio, détour par Anvers, et son premier flagship store, ouvert en décembre dernier. Un écrin lumineux pour mieux mettre en valeur ses créations, mais aussi un rappel de l’attachement de la créatrice  à la Belgique.
« Ouvrir sa propre boutique c’est l’aboutissement d’un projet, d’un rêve. Anvers est la ville de la mode, la majorité des grands créateurs y ont une boutique, et ça m’a semblé naturel d’y installer la mienne. . La société emploie également aujourd’hui en Belgique une dizaine de personnes, et je suis fière d’avoir pu créer de l’emploi ici ».
Outre sa boutique, 2016 a également marqué pour la créatrice le lancement de sa ligne de baskets, une « évolution naturelle » de sa marque. Bon pied, bon œil ? Celui de Clio est en tous les cas résolument fixé vers le futur et l’expansion de sa marque, n’en déplaise à ses critiques.
« Lorsqu’une marque connait un certain succès, elle est de facto exposée à la critique et ce sont des choses qui peuvent arriver. J’essaie de m’en nourrir pour avancer et accomplir de nouvelles choses ».

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