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Kenzo Takada : « J’aime raconter des histoires »

Kenzo Takada. | © DR

Mode

Rencontre avec le fondateur de la marque Kenzo.

Paris Match : Que vous inspire le canapé Mah Jong que vous avez habillé ?
Kenzo Takada : Il est, comme moi, un mélange d’Orient et d’Occident ! J’ai créé ma marque en 1970 (devenue propriété de LVMH), j’étais le premier Japonais qui débarquait dans la mode à Paris. Lui a été dessiné par Hans Hopfer en 1971, en pleine époque hippie fascinée par l’Asie, sa philosophie et son art de vivre. C’est aujourd’hui un best-seller à l’esprit tatami qui évolue au fil de la journée. La différence avec moi : il n’a pas pris une ride en quarante ans.

J’étais fasciné par les tenues des geishas.

Cette fois vous avez puisé du côté du théâtre nô ?
Je collectionne les kimonos, leurs imprimés superposés et ceinturés par l’obi (ceinture japonaise) m’ont toujours inspiré. Ceux du théâtre nô, créés pour des acteurs masculins uniquement, arborent des motifs géométriques et des couleurs sobres, l’idéal pour l’ameublement. J’ai voulu aussi transcrire les effets mordorés des textiles vintage, en ajoutant des fils d’or, des empiècements de velours. Il y a dans cette collection un travail remarquable de tissés jacquard réalisés en Italie.

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D’où vient votre goût pour le design et la décoration ?
Mon père tenait un salon de thé au Japon, j’étais fasciné par les tenues des geishas et le cérémonial du thé qui se déroulait chaque jour sous mes yeux. Dès ma première boutique Kenzo, j’ai proposé des objets de déco. J’ai aussi imaginé pour cette collection de grandes jarres et de larges coupes en céramique tournées à la main. Y sont posés des motifs à la feuille d’or. C’est encore le fruit d’une inspiration textile. J’aime raconter des histoires, que ce soit avec des vêtements ou du mobilier. À la différence qu’il n’y a pas huit collections par an, le rythme est plus lent, les créations naturellement plus posées s’inscrivent dans la durée.

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