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Quand les nouveaux sites de vente en ligne réinventent la boutique

Story To Line, la création belge à l'honneur | © DR

Mode

Si la première évolution a été celle de pouvoir acheter ses vêtements derrière son écran, aujourd’hui, la vente en ligne fait sa révolution grâce à des sites qui font le pari de casser les codes. De 24 Sèvres à Olivela en passant par Story to Line, visite guidées des sites les plus modes du moment. 

Alors que le principe même de la vente en ligne a toujours été d’allier rapidité et facilité, offrant aux fashion addicts un fix ininterrompu de tendances et de shopping, il semblerait que la mouvance slow fashion ait enfin atteint les confins de la planète web. Ou du moins, la volonté de remettre la boutique au coeur du World Wide village en ne se contentant plus de proposer seulement accessoires et vêtements mais bien en vendant un concept. Une forme de story-telling 2.0 qui séduit à l’heure où la vente en ligne a perdu de sa nouveauté et où les clientes choisissent le retour vers les boutiques physiques. Et une jolie plateforme pour permettre à des entrepreneurs passionnés de se lancer.

Story to Line, le projet beau et belge

C’est le cas de Millie Rolin-Jacquemyns, qui a 28 ans seulement, se cache derrière une des nouveautés modes les plus réjouissantes de cet automne. À mille lieues de la fast-fashion et de ses dérives, Story To Line, son nouveau site de vente en ligne promeut les jeunes créateurs originaires du plat pays. Façon Jacmin, Sara Esther, Yeba, Gioia Seghers, … la liste des marques proposées sur le site se lit comme un who’s who de la nouvelle vague de créateurs belges. La spécificité du site, outre son ancrage en Belgique ? La volonté de Millie d’investir chaque vêtement et accessoire d’âme et d’émotions, pour révéler l’humain derrière la collection. Soit une forme de shopping par story- telling qui offre une voix supplémentaire au créateur, et crée du lien avec l’acheteur, évoquant ce faisant plus l’aspect relationnel des boutiques que le côté impersonnel de la vente en ligne.

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Et quitte à brouiller les frontières, Story To Line met de la vie sur les écrans : les vêtements sont en effet présentés de façon réelle et humanisée, avec des mannequins dansent et s’amusent et surtout, permettent aux clientes de s’imaginer comment elles pourraient elles-mêmes s’approprier les pièces. Ou comment faire d’une page deux joli coups et rendre le pouvoir aux créateurs tout en offrant une part de rêve aux consommatrices. Du rêve proposé par LVMH, qui, avec 24 Sèvres, vend une certaine vision de l’élégance parisienne en ligne.

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24 Sèvres, le luxe en ligne

Lancée au printemps dernier, la plateforme rassemble pas moins de 150 marques, dont une vingtaine font partie du prestigieux giron du groupe LVMH. Parmi celles-ci, les marques phares du groupe, Louis Vuitton et Dior, présentées en exclusivité sur la toile par le biais de cette plateforme qui veut se faire une place dans le club très serré de la mode de luxe en ligne. Pas étonnant quand on sait que McKinsey a évalué que sur le marché total du luxe, évalué à 249 milliards d’euros, la part des ventes en ligne devrait doubler de 6 à 12 % d’ici à 2020. Soit un gâteau de 70 milliards d’euros par an à se partager.

Miu Mu fait partie des créateurs mis à l’honneur par 24 Sèvres – DR

Pour se tailler sa part, LVMH a décidé de sauter le pas et de franchir la frontière web, après avoir attendu d’être satisfait du marché et de la qualité des services qu’ils estimaient pouvoir y proposer. Et s’il prend le train quelque peu en retard par rapport à d’autres acteurs de la mode, le géant du luxe à la française a choisi une approche tout sauf rétrograde. Le pari : miser sur une start-up interne et des codes qui rappellent ceux des réseaux sociaux. Un hybride à la croisée des mondes de la mode et des magazines qui ne manquera pas de séduire les millenials, à condition qu’ils puissent se l’offrir : compter de 100 à 12 000 euros pour les pièces proposées sur le site.

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Reste que la cliente ordinaire des boutiques de luxe ne manquera pas de succomber aux services proposés, de la livraison en 48h dans pas moins de 70 pays aux précieux conseils de stylistes, qui interagissent avec les internautes via vidéo et leur prodiguent les mêmes conseils qu’en boutique sur la manière parfaite de porter un accessoire ou d’accessoiriser une tenue. Une version moderne d’Au Bonheur des Dames, où l’absence du toucher est compensée par des visuels ultra-léchés.

Kenzo en vente sur 24 Sèvres – DR

Olivela, le shopping philanthropique

Autre adresse, autre concept : chez Olivela, on s’achète à la fois des pièces de couturier et une conscience. Le principe ? Le shopping philanthropique. Et si le terme peut prêter à sourire tant il semble être l’invention d’une shopaholic prise la main dans le sac, il s’agit en réalité d’un concept louable, avec une partie des bénéfices de chaque achat reversée directement à une association humanitaire partenaire. Du côté des associations, on retrouve ainsi la GOOD + Foundation, le Malala Fund, la VH1 Save The Music Foundation et Too Young to Wed tandis que le site rassemble la crème de la crème des designers, de Jimmy Choo à Stella McCartney en passant par Dolce & Gabbana.

Des fillettes soutenues par Too Young To Wed avec le financement d’Olivela – DR
128 jours d’école financés grâce à cette pochette Stella McCartney – DR

Le petit plus ? Au lieu de voir mentalement fondre son compte en banque, quand on shoppe sur Olivela, un tableau de bord permet d’évaluer « The Olivela Effect », soit l’impact exact de sa contribution à la bonne cause. Les escarpins Byzantine signés Aquazzurra permettent ainsi de financer 21 jours d’école, tandis que la sublime pochette Lucia en plexiglas imaginée par Stella McCartney finance elle 128 jours d’apprentissage pour les enfants les plus démunis. De quoi donner envie de dépasser son budget shopping, pour la bonne cause of course.

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