Wehve : des accessoires tissés main, entre la Belgique et le Pérou

Wehve : des accessoires tissés main, entre la Belgique et le Pérou

Le vestiaire Wehve mêle le savoir-faire d'Amérique Latine aux dernières tendances mode

Mode

Promue à une belle carrière dans la consultance, Gesine Holschuh a tout plaqué pour lancer Wehve, sa marque d’accessoires tissés main. Des créations conçues au Pérou ou en Uruguay, par des coopératives de femmes qui refusent l’exode rural. 

Gesine Holschuh se raconte depuis la Fashion Week de New-York, en plein milieu d’une tempête de neige qui paralyse la ville. Pas de quoi décontenancer cette entrepreneuse ambitieuse, qui a décidé il y a un peu plus d’un an de lancer Wehve, une ligne d’accessoires artisanaux et éthiques, au look résolument ethnique chic.

« À la base, j’ai eu un parcours business plutôt classique: études d’ingénieur commercial, MBA à l’INSEAD, carrière de consultante en stratégie chez McKinsey, avant de créer ma propre structure de consultance, avec laquelle j’assistais des groupes alimentaires et cosmétiques dans leurs projets de croissance globale. En parallèle, j’ai commencé à m’impliquer au sein de l’ONG Hand in hand International, qui développe l’entrepreneuriat social en Afrique et en Inde, et jai été profondément touchée par mes rencontres avec des femmes qui ont créé leur micro entreprise. C’est incroyable de voir l’impact qu’elles ont eu dans leurs communautés  »  .
De quoi donner envie à Gesine de se lancer.

Entrepreneuriat social

« Lors d’un voyage en Uruguay, j’ai découvert le tissage traditionnel et les jolis plaids, les « ruanas », portés par les gauchos. Fan de laine depuis toujours et grande amatrice de tricot, ça a piqué ma curiosité et j’ai décidé de faire des recherches. C’est comme ça que j’ai rencontré des coopératives d’artisanes, et que j’ai appris que le tissage était un moyen pour ces femmes d’éviter l’exode rural, de rester dans leurs villages et d’être indépendantes. Finalement, cela ressemblait énormément aux projets d’entrepreneuriat social qui m’avaient tellement touchée en Inde. point de vue « look », il y avait un vrai potentiel, les couleurs et les formes me plaisaient beaucoup, mais c’est surtout la qualité de la matière qui m’a bluffée. J’ai eu l’impression de pouvoir apporter quelque chose, et j’ai lancé quelques couvertures, des ponchos… J’étais très concentrée sur la production, moins sur la vente. Finalement, la mode, je me suis retrouvée dedans un peu malgré moi  »  .
Une jolie reconversion, au gré des hasards et des rencontres.

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Vestiaire nomade

« Pour la collection automne-hiver 2017/2018, que nous montrons actuellement dans les fashionweeks, je me suis largement inspirée d’un voyage au Pérou l’été dernier avec mon mari et mes trois enfants. J’y ai rencontré des artisanes dans la Vallée Sacrée, qui m’ont appris à faire des teintures naturelles (du rouge, par exemple, avec des insectes), des hommes tricoteurs sur le Lac Titicaca, et un collectionneur de tissages du siècle dernier, qui a partagé son enthousiasme et son savoir avec moi. Cela m’a donné envie de retravailler les rayures péruviennes, que nous avons modernisées et traduites dans les couleurs de la saison  »  .
Le résultat : robes, ponchos et capes qui mêlent avec élégance l’écru et le marine avec des teintes plus vives.

Fait main

Des pièces qui témoignent d’un amour pour l’artisanat qui fait fi des frontières.
« Nos fils sont teints à la main, en petites quantités. Quand le fil est prêt, il faut monter le métier à tisser, ce qui prend à peu près une journée. Une fois que c’est fait, les artisanes tissent en moyenne une pièce par jour, sauf s’il y a des finitions, comme sur nos cardigans et nos robes par exemple, auquel cas il faut encore ajouter une demi-journée. Les pièces sont fabriquées au Pérou et en Uruguay, mais j’aimerais développer mon travail avec des artisans venus d’autre pays… et pourquoi pas en Belgique ? »  . Affaire à suivre.

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