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Montre culte : La vie mouvementée d’El Primero, premier chronographe automatique du monde

El Primero est devenu un archétype prisé par les collectionneurs. | © Zenith Watches

Montres

Passé, présent et futur : le fabuleux destin d’un chronographe star de la haute fréquence.

El Primero est une icône de la précision depuis cinquante ans. Sans cesse gratifié de nouvelles avancées techniques et esthétiques, il règne en « maestro » chez Zenith, la marque suisse dont le logo est une étoile. Raconter son histoire, c’est embarquer pour un voyage temporel aux confins des années 1960. Le mot « modernité » résonnait alors comme la promesse d’un futur radieux où tout le monde serait heureux et se déplacerait en voiture volante. Rien ne semblait impossible en cette période d’expansion technologique : coloniser l’espace… et marcher sur la Lune, le 21 juillet 1969.

Prisée par les collectionneurs

Sur Terre, le 10 janvier 1969, la manufacture Zenith annonce la naissance du premier chronographe automatique battant au rythme de 36 000 alternances par heure. Du jamais vu : une observation au 1/10e de seconde. Et une première : l’union – au sein d’une même montre – de deux mouvements, l’un chronographe, l’autre automatique. La révolution de la haute fréquence allait donner aux porteurs d’El Primero la sensation grisante de participer à un univers de progrès capable d’envoyer des gens sur la Lune. Fin des sixties, la compétition était déjà féroce : au cours de l’année 1969, le chronographe fut talonné par d’autres, mais sans le détrôner dans la conscience collective. Aujourd’hui, avec ses emblématiques compteurs tricolores, El Primero est devenu un archétype prisé par les collectionneurs.

Romanesque, ou presque

Des années 1970 à l’ère actuelle, la suite de l’histoire ressemble à un roman. Adversité, désobéissance, secret, héros, happy end, touche de magie, tout y est. De 1972 à 1978, des administrateurs américains s’emparent de Zenith et misent cash sur le quartz. El Primero en fera les frais : prié de ressembler aux volumineuses montres quartz de l’ère pop, ensuite effacé du catalogue, bradé et enfin privé de son matériel de production… que la direction veut jeter à la ferraille ! C’est là qu’intervient le sauveur d’El Primero : le chef d’atelier Charles Vermot. Défiant les ordres hiérarchiques, il décide de cacher les plans et outillages du chronographe dans un grenier isolé de l’immense bâtiment. Héros courageux mais discret, il agira de nuit et fera murer l’entrée avec l’aide de collègues convaincus de l’avenir de l’horlogerie mécanique.

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En 1978, la direction, redevenue suisse, veut remettre l’entreprise sur les rails en fournissant des mouvements à d’autres marques. On informe les ingénieurs de l’acte de bravoure du chef d’atelier : tout ce qu’il avait secrètement mis à l’abri leur permet de redémarrer la fabrication de calibres. Et, mieux encore, de garde-temps « maison » dotés du fameux mouvement miraculé !

En hommage au demi-siècle d’avant-garde d’El Primero, un précieux coffret « établi d’horloger » réunit trois chronographes d’acier retraçant son évolution technique et esthétique. De gauche à droite : une réédition fidèle au premier modèle El Primero de 1969, une Chronomaster au mouvement optimisé et lunette en céramique noire, et une Defy El Primero 21 
au 1/100e de seconde. Trilogie anniversaire limitée à 50 exemplaires. Plus d’infos sur www.zenith-watches.com.

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Au cours des décennies 1980 et 1990, l’entreprise du Locle va retrouver son lustre et son statut de manufacture. La pente ascendante continue de plus belle lorsque le groupe de luxe LVMH la rachète en 1999 : le regain d’intérêt envers la fine mécanique horlogère l’incite à repositionner la marque dans le très haut de gamme. Le légendaire chronographe va ainsi flirter avec les complications savantes (calendrier perpétuel, tourbillon, répétition minutes) et l’ultra- haute fréquence de la Defy El Primero 21, lancée en 2017. Avec un cœur pulsant à 360  000 alternances/h, l’aiguille centrale du chronographe opère le tour complet du cadran à une vitesse fulgurante, en une seconde. Prochaine étape à venir dans l’univers de la très haute fréquence selon Zenith : le 1/1000e de seconde…

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