Horlogerie : Quand Chanel sublime quatre montres iconiques

Horlogerie : Quand Chanel sublime quatre montres iconiques

Boy.Friend : la montre pour femme la plus masculine de Chanel.

Montres

Première, J12, BOY.FRIEND et Code Coco s’offrent de superbes retouches. 

« Une icône ne change pas, elle s’adapte au temps qui passe, le capture, le sculpte, le sublime, le comprend », dit-on chez Chanel. C’est sans discussion, autant que les audaces de Coco Chanel et les réflexions de Karl Lagerfeld.

Séduire le temps

Tous deux firent de ce même temps leur complice. Quand Gabrielle Chanel réussit son grand retour en 1954 avec une collection de tailleurs en jersey, elle avait 71 ans ! Elle fut, l’année suivante, sacrée « créatrice la plus influente du XXe siècle ». Karl Lagerfeld lui succéda à l’âge de 50 ans et, jusqu’à 85 ans, s’attacha à faire rayonner l’allure, l’esprit et le raffinement Chanel. Au n° 31 de la très parisienne rue Cambon, l’horlogerie se doit, elle aussi, de séduire le temps pour le mesurer avec sans cesse plus d’élégance. Chaque icône de la maison le confirme cette année. Chronologiquement, d’abord sous les traits octogonaux de la montre Première, qui sacralisa les premiers pas horlogers de Chanel en 1987. Inspirée de la forme du bouchon du N°5 et des angles de la place Vendôme (où Coco fut cliente à vie de l’hôtel Ritz), elle s’enrichit d’or jaune sur bracelet effet velours, de pièces uniques et de noir intense (Première Rock).

La Première Velours et la J12.

Changer sans dénaturer

Depuis 2000, elle a rendu la céramique high-tech hautement tendance : à l’orée de ses 20 ans, la J12 s’offre une cure de jouvence méritée. Sans modifier l’identité qui a fait son mythe et son succès, bien sûr. Un casse-tête pour le studio de création horlogerie de Chanel ? Même pas. Si la lunette a été affinée, la typographie des chiffres et index redessinée et les maillons du bracelet nantis d’un nouveau design, l’évolution majeure se dérobe au premier regard : la nouvelle J12 possède désormais un boîtier monobloc en céramique et un nouveau calibre automatique, le 12.1.

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Celui-ci a été développé par la manufacture suisse Kenissi, liée à Chanel, certifié chronomètre (donc, d’une haute précision) par le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) et embelli par le studio de création d’une masse oscillante ronde en tungstène. Le tout s’admire côté verso tandis que, côté face, la belle parade dans sa robe de céramique : blanche ou noire (les codes couleur maison), totalement résistante aux rayures et ultrabrillante. Sport chic et féminine dans l’âme, alors que Jacques Helleu, directeur artistique, l’avait dessinée pour lui.

Codes d’or

Zéro crime de lèse-majesté : les détournements ont toujours été la marque de Gabrielle Chanel. A l’époque des étouffants corsets, elle s’empare du confort des éléments du vestiaire des hommes : le jersey, le tweed, la marinière, le pyjama. Et d’une couleur : le beige des plages de Deauville… mais aussi celui des textiles non blanchis des sous-vêtements masculins ! « Je me réfugie dans le beige, parce c’est naturel et apaisant », confiait-elle.

La Code Coco.

Coco raffolait aussi de l’or. Chanel les a donc fusionnés en 2016 dans l’or beige, alliage exclusif 18 carats. En 2019, la Boy.Friend (extrapolation faussement masculine de la montre Première) en habille ses nouvelles interprétations tweedées, et la Code Coco en découvre enfin la douceur. Montre et bijou, grâce au bracelet se fermant d’un clic très chic, comme le fameux sac matelassé 2.55 créé par Mademoiselle Chanel en 1955. Pour l’éternité…

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