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Portugieser IWC, petite histoire de la « grande » montre préférée de Keith Richards

La IWC Portugieser. | © DR

Montres

Voici comment la Portugieser d’IWC est devenue une icône de style et l’initiatrice des grands formats.

On définit souvent le temps comme une suite d’événements. Autrement dit, rien n’arrive d’un seul coup. Ce fut le cas, en 1939, pour les débuts de Paris Match (qui n’était encore que Match) et pour les premiers tours de cadran de la Portugaise. Clarté du cadran, sobriété des lignes, robustesse du mouvement : les hommes d’influence raffolent des atouts de la belle. Parmi eux, le mythique guitariste des Stones, Keith Richards. Alors, chic ou rockeuse ?

Beauté oversize

En tout cas oversize, en fonction du contenu horloger, qui s’égrène du calibre automatique aux complications les plus savantes. Son histoire ? En 1939, deux marchands portugais demandent à la manufacture suisse IWC une montre-bracelet aussi précise qu’un chronomètre de marine. Un vrai challenge, car un chronomètre de marine, c’est une horloge ! Un instrument de navigation fiable et résistant, à condition de le maintenir constamment à l’horizontale dans un coffret de bois. On comprend l’envie des marins d’en obtenir une version plus pratique, à porter au poignet. A l’époque, ce souhait n’est réalisable qu’en détournant un volumineux mouvement de montre gousset. Les horlogers placèrent un calibre de type « savonnette » dans un boîtier de 43 mm. Un colosse, comparé aux habituels 30/33 mm des années 1930/1940 inondées de modèles Art déco, fins et rectangulaires. Mais pour les loups de mer, peu importait le décalage avec le style de l’époque. Ils voulaient juste un excellent outil de navigation, aux chiffres sobres et aux index simplifiés.

Keith Richards avec sa IWC.

En avance sur son temps

Jusqu’au début des années 1980, la manufacture en fabrique seulement quelques centaines d’exemplaires. Ce n’est qu’en 1993 que le modèle connaît un retour triomphal. L’élément déclencheur de sa renaissance ? Le staff avait remarqué que l’un de ses meilleurs horlogers aimait la porter : Kurt Klaus, créateur du célèbre calendrier perpétuel IWC. La marque suisse décide alors de lui donner une seconde vie, sous la forme d’une édition spéciale dédiée au 125e anniversaire de l’entreprise. Empruntant cadran et calibre de poche d’origine, le collector lance la tendance des grands formats face aux « petits 36 mm » des années 1990. Résultat : un immense succès, désormais connu dans le monde entier sous le nom de « Portugieser ».

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Les années suivantes et jusqu’à aujourd’hui, la collection profitera de sa taille XL pour accueillir toujours plus de complications : répétition minutes ultrasophistiquée et chronographe à rattrapante (1995), calendrier perpétuel (2003), tourbillon mystère rétrograde (2010). En 2011, la Portugieser Sidérale Scafusia devient la montre mécanique la plus spectaculaire et la plus compliquée jamais construite par IWC (carte céleste personnalisée, tourbillon à force constante).

La star absolue demeure néanmoins la Portugieser Automatique. Typique de la gamme, son cadran minimaliste – à minuterie « chemin de fer », héritée des années 30 – abrite une pure merveille d’ingénierie horlogère : un mouvement doté du remontage Pellaton. Ce système « à cliquets », qui fournit une réserve de marche de sept jours, est l’invention d’Albert Pellaton, devenu en 1944 directeur technique d’IWC. L’année 2018, commémorative des 150 ans de la manufacture, a vu la gamme s’enrichir encore de plusieurs chefs-d’œuvre de complications. La Portugieser n’en demeure pas moins une montre pratique, pure et élégante.

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