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Horlogerie : Big Crown Pointer Date, histoire d’une icône signée Oris

Pionnière en 1938, la Big Crown Pointer Date a su demeurer l’une des pièces maîtresses d’Oris. | © DR

Montres

La Big Crown Pointer Date est, depuis huit décennies, le symbole de la maison suisse indépendante.

C’est quoi, une icône horlogère ? Une montre dont l’allure se reconnaît au premier regard. Et plus encore, un objet qui traverse le temps et fait écho à chaque époque, parce qu’il a du sens. Chez Oris, la Big Crown Pointer Date, née en 1938, coche chacune de ces cases. Sa lunette cannelée et sa couronne de remontage surdimensionnée permettent de l’identifier en un clin d’œil. Deux détails forts, nullement cosmétiques : ils ont été conçus, à l’origine, pour aider les pilotes à manipuler facilement la montre, même avec leurs gants de vol. Cet instrument comportait – et comporte toujours – une complication inhabituelle : une date indiquée par une aiguille centrale « pointer ». Pionnière en 1938, la Big Crown Pointer Date a su demeurer l’une des pièces maîtresses d’Oris.

Du passé au présent

Toujours resté en production, ce garde-temps résume l’histoire de la maison suisse. Il a survécu aux guerres, à la « crise du quartz » et aux modes qui se succédèrent. Au moment de son lancement, Oris était déjà en plein essor, avec sept sites de production dans la belle vallée de Waldenburg. Elle y est d’ailleurs toujours située aujourd’hui. Au cours des années 1960, le succès de la Big Crown Pointer Date se poursuit au rythme des agrandissements successifs. « C’était une énorme entreprise d’environ 800 employés, qui produisait 1,2 million de montres et horloges par an. On y façonnait presque tout ce qui était nécessaire à la fabrication d’une montre mécanique, y compris des machines-outils. Oris était la meilleure de sa catégorie », se souvient le Dr Rolf Portmann, le président honoraire.

Rolf Studer. DR

Dans les années 1970, l’arrivée des mouvements à quartz bon marché fut dévastatrice pour l’industrie horlogère suisse : fermeture de 1 000 entreprises, suppression de 60 000 emplois… Oris en souffrit aussi, mais la Big Crown Pointer Date lui servit de joker pour se reconstruire dans les années 1980. « Elle était la candidate idéale à placer au centre de la scène, en tant que symbole du patrimoine et de la longévité de la marque », explique Rolf Studer, co-CEO d’Oris.

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Question de valeurs

« Elle a ravivé l’intérêt pour l’entreprise et l’horlogerie mécanique », poursuit-il. D’où cette montre tire-t-elle tant de pouvoir au bout de huit décennies ? Le Dr Rolf Portmann (qui participa au rachat de l’entreprise en 1982) pense qu’elle reste populaire grâce à son design pratique et fonctionnel… et à son prix raisonnable, même dans l’édition anniversaire en bronze.

Dans les mains du président honoraire d’Oris, une Big Crown Pointer Date vintage de 1954. La couronne surdimensionnée fut conçue, à l’origine, pour permettre aux pilotes de l’ajuster facilement avec leurs gants de vol. DR

En 2019, l’intemporelle Big Crown Pointer Date répond encore à l’ambition fondatrice d’Oris, édictée en 1904 : créer des instruments de qualité qui servent un but réel, fiables, faciles à utiliser, accessibles. Cela ne l’empêche pas d’évoluer, tout en gardant son âme. Par exemple ? La pointe de l’aiguille de la date (d’abord en forme de flèche, puis de demi-lune) est à présent une symbiose des deux pour une visibilité accrue. « L’aiguille pointer a changé de forme mais elle a toujours du sens : de nombreux amateurs n’aiment pas les guichets, qui peuvent perturber l’équilibre esthétique d’un cadran », conclut le co-PDG Rolf Studer.

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