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Horlogerie : Junghans se met l’heure du Bauhaus pour les 100 ans du mouvement moderniste

En 1903, Junghans avait la réputation d’être l’une des plus grandes manufactures au monde. | © Junghans

Montres

Design à l’état pur : 2019 est l’année du centenaire du mouvement moderniste 
du Bauhaus. La marque allemande lui rend hommage…

Pour Junghans, entreprise horlogère indépendante en plein cœur de la Forêt-Noire, célébrer ce 100e anniversaire n’a rien de compliqué. Elle est à l’heure du Bauhaus depuis bientôt soixante ans. En 1961, Max Bill – éminent disciple de la célèbre école d’arts appliqués – lui dessina plusieurs modèles de bracelet-montre. Toujours produits aujourd’hui, presque à l’identique.

« La forme suit la fonction »

Si le concept « less is more » initié par le Bauhaus poussa certains horlogers à réduire la montre à sa plus simple expression, l’architecte-sculpteur-designer suisse Max Bill fut sans doute le premier à le transposer aussi parfaitement au poignet. Nourri par les préceptes visionnaires de la Staatliches Bauhaus fondée en 1919 par Walter Gropius, il a d’abord accepté une première commande de Junghans en 1956 : une horloge murale de cuisine aux lignes épurées. Deux ans plus tard, Max Bill signait une horloge de table qui illustrait fidèlement le second principe du Bauhaus : « La forme suit la fonction. »

L’obsession de Max Bill : « Faire des montres aussi intemporelles que possible, mais sans pour autant oublier le temps. »

Grâce à la conception claire et logique des cadrans, les horloges de Max Bill sont entrées dans l’histoire du design. Un honneur d’autant plus marquant que cette matière ne figurait pas parmi celles enseignées dans les ateliers du Bauhaus. En 1961, l’entreprise allemande lui propose de traduire l’esthétique fonctionnaliste de ses horloges dans des montres. « Au-delà de la fabrication des montres, nous avons toujours cherché à donner une forme au temps », rappelle-t-on chez Junghans. Il n’empêche que cette année-là, ses 6 000 employés et 10 000 machines produisirent chaque jour 20 000 articles d’horlogerie, exportés dans une centaine de pays. En 1903, Junghans avait la réputation d’être l’une des plus grandes manufactures au monde.

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Donner l’heure, tout simplement

Aujourd’hui, la vaste collection Max Bill by Junghans continue à faire vivre la philosophie créative de Max Bill. « Pour que l’authentique reste authentique, nous nous en assurons régulièrement auprès des héritiers de l’artiste et de la Fondation Max Bill », confie le staff Junghans. Chaque montre se reconnaît à plusieurs caractéristiques distinctives : cadran épuré, chiffres typiques du designer, aiguilles fines, large ouverture de cadran, lunette millimétrée, boîtier discret aux proportions ultra-équilibrées. Le tout servant à attirer le regard sur l’essentiel : la lecture de l’heure.

La Max Bill Automatique anniversaire évoque le bâtiment de béton qui avait tant impressionné le designer en 1927. Bracelet en veau gris et, 
au dos, la façade de l’école d’arts mythique dont les fenêtres s’ouvrent sur le mécanisme. 1 000 pièces, acier 38 mm, 1 225 €.

L’artiste prônait l’alliance entre aspect utilitaire et beauté. Ses valeurs, sa volonté de perfection et ses croquis originaux guident toujours les nombreuses variantes actuelles : automatiques, chronographes, à quartz, à remontage manuel, ou encore pour dames. Ses principes, quasi inchangés, s’illustrent particulièrement dans les mille exemplaires automatiques de l’édition limitée anniversaire. Les amoureux du Bauhaus se réjouiront d’y découvrir au verso la grande façade vitrée de l’école d’arts appliqués. Les fenêtres laissent entrevoir le mouvement mécanique tandis qu’au recto, aiguilles et guichet date évoquent la célèbre porte rouge de l’école. En 1927, le bâtiment avait fortement impressionné l’élève Max Bill.

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