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François Aubry : A l’heure de la planète

Un nouveau nom à retenir pour la bonne cause : l’esthétique horlogère alliée au respect de l’environnement.

Une montre engagée et hors du commun. Les versions signées par Yvan Bourgnon ou estampillées « Manta » sont limitées à 220 et 300 exemplaires. Acier, 44 mm, cadran galvanisé soleillé, bracelet cuir, acier ou caoutchouc. Prix 
de lancement : 1 233 CHF (env. 1 160 euros). | © François Aubry

Montres

Un nouveau nom à retenir pour la bonne cause : l’esthétique horlogère alliée au respect de l’environnement.

 

Ne vous fiez pas à la couleur azuréenne de sa nouvelle collection, ni aux trois années d’existence de sa marque : François Aubry n’a rien d’un bleu en horlogerie. A 25 ans, ce natif du Jura suisse, artisan dans l’âme, créait déjà des boîtiers. Issu d’une famille d’horlogers, il voulut d’abord devenir ébéniste, puis bijoutier-joaillier. Un atelier genevois l’engagea, puis un fabricant de bijoux de La Chaux-de-Fonds, également spécialisé dans la production de boîtiers et de bracelets de montres.

Nous sommes alors en 1990 : François Aubry décide de s’établir à son compte et se lance dans le métier de prototypiste. Une activité qui consiste à développer un produit « à l’essai » afin d’en étudier la faisabilité industrielle. C’est ainsi qu’il travaillera, de nombreuses années, pour les grands noms de l’horlogerie suisse. Parallèlement, sa propre entreprise produit de petites et moyennes séries à la demande de clients. « A un certain moment, le prototypage occupait 85 % de mon temps ! » Les marques préférant peu à peu réaliser l’étude de leurs modèles en interne, l’artisan dut à nouveau changer de cap. Premier de la région à posséder un centre d’usinage à commande numérique et fort de trente années d’expérience, François Aubry avait tout en main pour lancer sa propre marque en 2017.

Homme de défis

François Aubry (à droite) et le nouvel ambassadeur de sa marque, le skipper suisse Yvan Bourgnon. ©DR

La même année, la Confédération helvétique décide de remettre de l’ordre dans la norme du « Swiss made ». Pour arborer le label, la proportion de la fabrication en Suisse sera désormais revue à la hausse : 60/40 au lieu de 50/50. François Aubry veut aller plus loin avec une première montre non seulement 100 % Swiss made, mais aussi 100% jurassienne. « Disons plutôt 99,99 %, car il y a toujours un petit élément qu’on ne peut trouver sur place », corrige-t-il.

Très attaché à sa région (connue pour être un concentré d’excellence horlogère), l’artisan sélectionne ses fournisseurs de composants exclusivement dans un périmètre de 44 kilomètres sur 48 autour de Saint-Imier. Pour tout le reste, son entreprise se met à l’œuvre : le boîtier, la couronne, le cadran, le bracelet, le fermoir et même l’étui d’aluminium en forme de globe terrestre, avec pour résultat la 23.27°, une montre dont chaque détail du design est orienté à 23,27°, soit l’inclinaison de la Terre sur son axe de rotation. Un sacré défi technique et un hommage à la Suisse : le pays, vu du ciel, apparaît gravé sur le cadran parmi les parallèles et méridiens. Cette montre en noir intégral (automatique, mouvement Soprod) sera suivie d’une variante plus accessible, la 23.27° EVO2, 80 % Swiss made.

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Nouvelle vague

Le fond saphir dévoile un mouvement automatique suisse. Une partie des bénéfices soutiendra la construction du bateau-usine « Manta ». 100 % autonome, à propulsion solaire et éolienne, il aura pour mission de collecter et traiter en mer 10 000 tonnes de déchets plastiques par an. ©DR

L’artisan continue à soigner l’environnement avec la création de La Planète Bleue, une montre aux couleurs des flots lorsqu’ils sont épargnés par la pollution. L’objet ne pouvait que plaire à un autre Jurassien, né dans la très horlogère cité de La Chaux-de-Fonds : le navigateur suisse Yvan Bourgnon. Ce skipper aguerri, détendeur d’un bon nombre de records, a accepté d’être l’ambassadeur de la marque et d’apposer sa signature sur 220 exemplaires. Le cadran de 300 autres exemplaires affiche le logo de son projet « Manta », la construction du premier bateau-usine collecteur de déchets plastiques dérivant sur les océans. Le navigateur a fondé l’association The Sea Cleaners en 2015, après une course autour du monde en catamaran ralentie par la rencontre de véritables banquises de plastique. Une partie des bénéfices de la vente des montres automatiques La Planète Bleue sera consacrée à financer la construction de ce navire nettoyeur d’océans.

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Infos

francoisaubry.ch

 

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