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Louis Erard : Travaux d’aiguilles

De gauche à droite, le Tryptique Excellence : la Petite Seconde reconnaissable à son compteur à 6 heures (42 mm, 1 500 euros), le Régulateur arborant les heures en haut, les secondes en bas et la grande aiguille des minutes au centre (42 mm, 2 500 euros), et le Chronographe Monopoussoir qui complète le trio avec son compteur 30 minutes placé à midi (43 mm, 3 500 euros). Acier, remontage automatique. | © Louis Erard

Montres

L’audace de la marque suisse indépendante est de réaiguiller le classicisme avec maestria.

 

Les amateurs d’horlogerie, aussi passionnés qu’économes, connaissent bien son nom : Louis Erard s’est fait connaître pour ses montres de belle facture à prix sage. Aujourd’hui, l’entreprise jurassienne œuvre à sa refonte en hissant au créneau premium la philosophie qui lui a assuré un succès réaliste. « A l’heure où la consommation est repensée, où la société s’interroge sur ses choix et est en quête de sens, un constat prédomine : consommer moins mais mieux. Exigeants, responsables, les clients attendent des marques horlogères qu’elles partagent leurs valeurs et leurs revendications », estime le CEO Alain Spinedi. En avril dernier, la marque de niche en faisait déjà la démonstration en lançant trois éditions limitées de son modèle emblématique : le Régulateur Excellence.

Pacte d’excellence horlogère

Icône Louis Erard, le Régulateur Excellence s’affiche encore plus minimaliste dans son édition limitée repensée par le grand designer horloger Eric Giroud. Acier 42 mm, automatique, réserve de marche de 38 heures, date avec loupe antireflet à 3 heures. Cadran bleu, noir ou argenté, 70 exemplaires chaque, 1 990 euros. ©Louis Erard

Véritable icône Louis Erard, ce garde-temps mécanique à remontage automatique a toujours séduit les hommes mais également les femmes, sensibles à son aspect disruptif. Le cadran minimaliste offre, en effet, une lecture inhabituelle du temps : heures, minutes et secondes s’y égrènent au rythme de trois aiguilles excentrées montées sur leur propre axe. Il s’agit d’une complication dont l’invention remonte à la fin du XVIIe siècle. Elle fut créée pour obtenir la précision ultime en évitant tout frottement entre les aiguilles.

Voilà pourquoi les historiens voient dans le régulateur la pierre philosophale de l’horlogerie mécanique. Louis Erard a eu le mérite de le rendre accessible. Son nouveau Régulateur Excellence vient compléter la ligne existante avec trois versions : noir intense, bleu nuit ou blanc ivoire. La complication, orchestrée par un module de la manufacture de mouvements Dubois-Dépraz, ne se contente pas de parler aux collectionneurs (70 exemplaires seulement pour chaque couleur), elle est le prélude d’un autre lancement en trois actes, dévoilé le 30 septembre.

Tryptique intemporel

« On ne réinvente jamais la montre classique, mais on peut lui donner du sens » confie Alain Spinedi, en évoquant le Triptyque Excellence, nouvelle colonne vertébrale de la marque. On y découvre trois options techniques haut de gamme inédites sur ce segment de prix : petite seconde, régulateur et chronographe monopoussoir. « Nous aurions pu faire comme beaucoup de nos concurrents : ouvrir nos archives, soigneusement constituées depuis 1929, en sortir un modèle iconique et le réactualiser. Sous la conduite de l’expert et consultant reconnu Manuel Emch, nous avons préféré la voie de la création en nous entourant des meilleurs partenaires, comme le designer Nicolas Barth Nussbaumer et le fabricant de mouvements Sellita. »

Cela donne un trio de montres construites selon le même esprit : chaque détail y a été travaillé pour aboutir à un résultat original résolument contemporain. Si les boîtiers ont la rondeur des anciens garde-temps de poche, une glace saphir la « retend » en dépassant légèrement. Si les cadrans argentés rappellent l’élégante sobriété des années 1950, les jeux de niveaux et contrastes des finitions les redynamisent. Même le dessin des aiguilles se distingue ! Celui-ci s’inspire des nombreux sapins entourant le petit village du Noirmont, où la marque est née. Une subtile référence à l’Art sapin, expression jurassienne de l’Art nouveau, prolongée sur la couronne.

010 84 54 72 – www.louiserard.com

 

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