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L’Artisan du Temps : Tictaquez, jeunesse

Quatre jeunes horlogers entourent Gilles Claraveau, lui-même horloger et chef d’orchestre des rouages de L’Artisan du Temps. | © DR

Montres

30 ans : c’est la moyenne d’âge des horlogers de Gilles Claraveau, spécialiste passionné des montres de collection à Bruxelles.


A la sortie de la capitale, le regard est souvent interpellé par une « vitrine vivante » : six jeunes artisans y révisent, réparent ou restaurent des garde-temps mécaniques à la vue de tous. Dans cet atelier, propre comme un laboratoire mais meublé vintage, ils rajeunissent l’idée qu’on se fait du métier d’horloger.

Paris Match. Quiconque observe votre équipe à l’œuvre découvre, parfois avec étonnement, que l’horlogerie est un métier attractif pour la jeune génération. Comment l’expliquez-vous ?
Gilles Claraveau. Je veux qu’on cesse de croire qu’il s’agit d’un vieux métier à jeter aux oubliettes. C’est le genre de discours que j’entendais déjà quand j’avais 16 ans ! A cet âge, je suis parti étudier l’horlogerie en France. Après quatre années de formation et d’apprentissage à Lyon, Lille et Paris, je suis revenu ouvrir ma propre enseigne dédiée à l’achat, la vente et la restauration des montres de collection. Ce qui me permet à 37 ans d’avoir déjà vingt ans de métier. Si, à l’époque, j’ai dû batailler pour convaincre mes parents non horlogers, on assiste aujourd’hui à une véritable relève, avec des jeunes de 18 à 25 ans ultramotivés. Une année sur deux, je corrige les épreuves d’examen de l’école d’horlogerie IATA à Namur. En Suisse, les écoles horlogères sont toutes financées à 100 % par les manufactures. En Belgique, l’IATA a eu droit à une belle initiative de Rolex, qui lui a fourni des mouvements mécaniques complexes. Les futurs horlogers doivent, en effet, pouvoir s’entraîner sur ce type de calibres qui ne rentrent pas dans le budget d’une école publique.

 

Dans l’atelier « à vue », Gilles Claraveau se réserve le plaisir de continuer à se pencher sur les plus beaux mécanismes. Réparations et restaurations s’y opèrent toujours avec des pièces d’origine et, si possible, d’époque. ©DR

Votre tactique personnelle consiste aussi à insuffler un vent d’audace et de dynamisme ?
Et de visibilité ! Lors de mes apprentissages en France, les ateliers étaient cachés à l’étage ou au sous-sol. Lorsqu’il est devenu nécessaire d’avoir un espace séparé et plus vaste pour les réparations, j’ai cassé cette tradition. Ouvert en 2018 juste en face du magasin, l’atelier s’inspire des grands restaurants, où les convives voient tout de la cuisine. L’horlogerie est un artisanat qu’il faut mettre constamment en valeur. L’Artisan du Temps est donc actif sur les réseaux sociaux et réalise des tournages pour sa chaîne YouTube… alors que notre métier consiste à être chaque jour à l’établi.

Quel argument irrésistible motive les jeunes à rejoindre votre équipe ?
Qu’il s’agisse d’une révision, d’une réparation ou d’une restauration complète, ils sont sûrs de travailler sur de superbes garde-temps datant de 1920 jà nos jours. Des Patek Philippe, Rolex, Omega, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, TAG Heuer… Modèles de légende, hautes complications, diversité de mécanismes, ils ont une gamme incroyable entre les mains ! D’ailleurs, nous recevons sans cesse des demandes de stage. Depuis peu, une jeune horlogère âgée de 28 ans, mais dotée d’un parcours déjà intéressant, est venue compléter l’équipe. Chacun y œuvre avec tant de soin, de passion et d’attention que chaque montre de collection est assortie d’une garantie de deux ans, parfois cinq.

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Une Heuer Monaco de 1969 : ce chronographe mécanique, typique de l’univers légendaire des courses automobiles, a fait l’objet d’une longue restauration avant d’être remis en piste. ©DR

INFOS
758 chaussée de Waterloo, 1180 Bruxelles
02 345 56 88
www.artisandutemps.com

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