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Louis Erard : Carte blanche à Alain Silberstein

La Semaine, le Régulateur II et le Chrono Monopoussoir. Remontage automatique, 178 exemplaires par référence, 3 500 à 4 500 euros.

Montres

La mesure du temps est un jeu savant : la marque le rappelle en renforçant sa collaboration avec le célèbre architecte horloger.

 

On ne réinvente jamais complètement la montre classique, mais on peut lui redonner du sens et une vision contemporaine. La maison suisse Louis Erard s’y emploie avec élégance et un net esprit d’indépendance. Fondée en 1929 au cœur des montagnes du Jura, elle est reconnue pour ses garde-temps mécaniques à complications. Ils ont construit sa réputation d’excellence horlogère accessible. Notamment le régulateur maison, dont les compteurs verticaux caractéristiques séparent les aiguilles des heures, minutes et secondes. Ce genre de montres est, en effet, bien plus souvent l’apanage des grandes manufactures.

En 2019, Louis Erard avait déjà eu l’audace d’inviter Alain Silberstein. De cette première collaboration naquit une pièce d’exception éditée en deux fois 178 exemplaires. Elle fut vendue en quelques heures, immédiatement recherchée sur le second marché, sélectionnée au Grand Prix d’horlogerie de Genève et couronnée d’un Red Dot Award en 2021. Le 8 juin dernier, la marque savait qu’elle allait littéralement affoler les collectionneurs en dévoilant une nouvelle étape de ce partenariat haut en couleur. Non pas une, mais trois montres, avec chacune ses spécificités : la Semaine, le Régulateur II et le Chrono Monopoussoir.

Le régulateur. ©Erard

Le triptyque s’annonce à la fois comme une œuvre d’art totale et une rencontre sans précédent entre l’horlogerie de haute création et la montre accessible. Alain Silberstein est un artiste horloger. Sa démarche originale consiste à faire dialoguer malicieusement la géométrie rigoureuse des formes et des mouvements mécaniques. Son style unique se nourrit des préceptes modernistes de l’école du Bauhaus (1919-1933) qui influencent encore aujourd’hui le graphisme, l’architecture et le design en général.

Il en reprend les codes chromatiques primaires – jaune, bleu, rouge – pour redonner des couleurs et une approche poétique au temps qui passe. Aussi atypique que ses montres, ce créateur a été architecte d’intérieur et designer avant de fonder son atelier d’horlogerie à la fin des années 1980.

Depuis 2012, il préfère mettre son talent singulier au service de maisons exigeantes comme MB&F, Romain Jerome et, à présent, Louis Erard. Jeu de proportions, références au Bauhaus, clins d’œil à l’histoire de l’horlogerie : Alain Silberstein s’est visiblement régalé à concevoir la nouvelle suite de trois montres.

Le chrono-monopoussoir. ©Erard

Le premier modèle, doté de trois aiguilles, affiche l’amusant semainier créé par l’artiste : les jours y sont remplacés par des smileys ludiques, des petits visages animés de différentes humeurs. Une grande aiguille bleue pour les minutes, un triangle rouge pour les heures, un petit serpentin jaune pour les secondes : la pièce centrale, le régulateur, retranscrit joyeusement cette lecture dissociée du temps. La patte de Silberstein griffe aussi le troisième volet : le Chronographe Monopoussoir arbore sa toute nouvelle aiguille signature, un cercle rouge épinglé d’un triangle. « Ces montres sont faites pour réveiller l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Mon travail n’est vraiment fini que si quelqu’un sourit en les voyant. Sans la carte blanche que m’a donnée Louis Erard, il aurait été impossible de relever un tel défi. » Qui réside aussi dans le prix : à partir de 3 500 euros.

Plus sage, mais non moins désirable : le Triptyque Excellence Louis Erard. Les cadrans argentés mats allient la sobriété des années 1950 à la modernité de jeux de niveaux et d’une glace saphir débordant légèrement le boîtier. De gauche à droite : la Petite Seconde et le Régulateur, où s’affichent les heures en haut, les secondes en bas et les minutes au centre. Le trio d’acier est complété par le Chrono Monopoussoir, dont le compteur 30 minutes est placé à midi. Remontage automatique, 1 500 à 3 500 euros. © Erard

INFOS
010 84 54 72
www.louiserard.com

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