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Calendriers de poignet

Le summum, bien sûr, consiste à ajouter une carte du ciel, version planisphère, sur le cadran ou un disque. | © DR

Montres

La dernière page de 2021 se tourne avec des montres qui indiquent le temps bien au-delà de l’heure.


Dès qu’un cadran s’étoffe d’un guichet-date, on a déjà un « quantième ». Ce mot noble désigne une montre calendrier. Il s’agit alors d’un quantième simple, tandis qu’un quantième complet orchestre également les jours de la semaine, les phases de lune, voire le millésime. Un quantième annuel tient compte automatiquement de l’irrégularité des mois de 30 ou 31 jours, hormis le mois de février.

Les modèles dotés d’un guichet de phases de lune, combiné ou non à l’indication de la date, font partie des plaisirs assez courants de l’horlogerie d’aujourd’hui. En revanche, les grandes complications astronomiques sont aussi rares que leur prix est élevé. Les collectionneurs étant particulièrement sensibles à cette dimension de l’horlogerie, les manufactures historiques les plus pointues redoublent d’ingéniosité et de savants calculs pour créer de merveilleux instruments aux fonctions célestes.

 

La Breguet Classique 7337 expose, de façon claire et raffinée, toutes les indications d’un calendrier complet : date, jour, phases et âge de la lune. Cette dernière, en relief sur un ciel étoilé, répond au luxe discret du cadran guilloché à la poudre d’argent et numéroté. 39 mm, or rose 18 carats, calibre automatique extraplat. ©Breguet

Par exemple, l’affichage de l’équation du temps, soit la différence entre le temps solaire et le temps civil. Cet écart annuel de – 16 minutes à + 14 minutes est dû à l’orbite elliptique de la Terre et à l’inclinaison de son axe. Le nec plus ultra consiste à afficher l’heure sidérale, basée sur le temps que la Terre met pour effectuer un tour complet sur elle-même et non le temps de rotation de notre planète autour de l’astre roi, soit 23 heures, 56 minutes et 4 secondes.

Le summum, bien sûr, consiste à ajouter une carte du ciel, version planisphère, sur le cadran ou un disque. En effectuant une rotation complète par année, elle offre une « photographie » du ciel en temps réel. Budgets astronomiques à prévoir, mais à la mesure d’un savoir-faire d’exception qui est l’apanage des manufactures de haut vol : Breguet, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Patek Philippe ou Lange & Söhne.

Conçue pour transiter facilement du bureau aux activités sportives, la nouvelle Newport Automatique Jour/Date Michel Herbelin s’inspire de l’architecture des navires furtifs. 42 mm, acier PVD gris anthracite poli et brossé, automatique, réserve de marche de 38 heures, 990 euros. ©michelherbelin

Dans le domaine des montres calendriers, le quantième perpétuel est, lui aussi, considéré comme l’un des plus beaux fleurons de l’art horloger. La raison ? Il met presque l’éternité au poignet. Son mécanisme est, en effet, en mesure d’afficher la date exacte jusqu’en 2100 sans aucune correction manuelle, en distinguant automatiquement la longueur variable des mois selon le cycle des années bissextiles. Pour accomplir cette prouesse, le mouvement doit posséder une « mémoire » de 1 461 jours, soit quatre ans. Les premiers du genre étaient intégrés dans de monumentales horloges astronomiques.

À partir des années 1920, les calendriers complexes ont pu être miniaturisés dans des montres de poche et des montres-bracelets. Aujourd’hui, leur composant essentiel demeure la came des mois : les différentes durées mensuelles y sont programmées via des sections saillantes (pour les mois de 31 jours) et des encoches (pour les mois de 30 jours). L’encoche la plus profonde correspond au 29 février. Ce dispositif rappelle le système de cartes perforées utilisé aux prémices de l’informatique.

L’élégance est le trait distinctif d’une montre calendrier. La Longines Master Collection anime son cadran de nacre d’une phase de lune ourlée d’un quantième. Une aiguille y pointe le jour en cours. 34 mm, acier, index diamants, automatique, réserve de marche de 72 heures, 2 610 euros. ©Longines

Les quantièmes perpétuels ont longtemps été constitués de 200 pièces. Ce fut donc une révolution lorsqu’en 1985, Kurt Klaus, l’horloger en chef d’IWC, dévoila un mécanisme de 81 pièces. D’une simplicité ingénieuse, son invention n’en n’assurait pas moins une parfaite synchronisation de tous les affichages. C’est à partir de la roue des mois qu’une chaîne de transmission enclenchait la roue des années, celle des décennies et un curseur séculaire avançant de 1,2 mm tous les 100 ans.

Kurt Klaus avait, dès le départ, conçu son module de quantième perpétuel pour l’intégrer aux différentes collections d’IWC. La manufacture suisse a continué à le perfectionner. La version actuelle peut afficher la date jusqu’en 2499 et sa phase de lune ne demande qu’une correction d’un jour tous les 577,5 ans. Grande Montre d’Aviateur Calendrier Perpétuel 46,2 mm, acier, remontage automatique Pellaton, 7 jours de réserve de marche. ©iwc

INFOS
iwc.combreguet.comlongines.com – michel-herbelin.com

 

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