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Cartier : le goût du mystère

La montre Masse Mystérieuse réunit deux signatures horlogères de Cartier : le mouvement mystérieux et le squelette. Boîtier en platine, couronne sertie d’un cabochon rubis, édition limitée à 30 pièces numérotées. | © Cartier

Montres

Cette spectaculaire montre automatique est la nouvelle énigme de haute horlogerie signée Cartier.

 

Tout en elle pose question : ses aiguilles sont posées dans le vide sans être reliées à aucun rouage, lesquels prennent place dans un mouvement mobile en forme de demi-cercle. Au moindre geste du porteur, le calibre – lui aussi en apesanteur – bouge dans un sens, puis dans l’autre !

Cartier y pousse à son paroxysme le principe du 2-en-1 : le mouvement se confond avec le rotor qui en assure le remontage. Quant aux masses oscillantes, elles s’admirent habituellement au dos des montres automatiques.

Héritière des jeux d’illusion auxquels Cartier se livre depuis le début du XXe siècle, la montre Masse Mystérieuse change complètement la donne. Près de huit années de développement, cinq constructions différentes et trois prototypes ont été nécessaires avant de la finaliser.

Pièce la plus techniquement complexe jamais réalisée par la manufacture, le rotor mystérieux doit sa prouesse technique à un système différentiel ultrasophistiqué emprunté à l’industrie automobile. Il lui permet d’éviter que l’affichage de l’heure ne soit entraîné par la masse. Une autre innovation garantit que le balancier reste toujours dans la même position verticale. Pour cela, le rotor tourne dans les deux directions et à une vitesse régulière.

 

Des aiguilles qui flottent dans l’espace du boîtier, un calibre mobile qui change sans cesse de place : jouer avec les illusions est une complication à part entière chez Cartier. ©Cartier

Ce mouvement inédit a, l’on s’en doute, fait l’objet d’un dépôt de brevet. Mis tout entier au service du design et de l’esthétique, il est aussi transformé en masse oscillante « squelette ». Le squelettage, signature horlogère Cartier, rend visible la vie intérieure du mouvement. La transmission et la régulation étant intégrées au rotor, le propriétaire de la montre peut observer tous les composants recevant l’énergie du mouvement.

Sans fonctionner exactement de la même façon, cette création d’exception fait écho aux célèbres Pendules Mystérieuses de la maison. Pour créer ces « miracles de l’horlogerie », comme les décrira la Gazette du Bon Ton en 1925, Louis Cartier travaille dès 1911 avec un jeune horloger de génie, Maurice Couët. Inspirés par les pendules de l’illusionniste Jean-Eugène Robert-Houdin, ils mettent au point un mécanisme tenant, lui aussi, de la magie : au lieu d’être reliées directement au mouvement, les aiguilles sont fixées à deux disques de verre dont les bords métalliques dentelés sont dissimulés sous le pourtour du cadran.

L’un des disques tourne à la vitesse des minutes, le second au rythme des heures ! La première pendule mystérieuse, baptisée Modèle A, sort des ateliers en 1912. Les suivantes feront la renommée de la maison et écriront l’un des chapitres les plus fascinants de son histoire. Éditée en trente exemplaires, la montre Masse Mystérieuse est, à vue d’œil, le nouveau témoin des jeux de perception du temps dont Cartier est le maestro.

INFOS
Boutique Cartier
54 boulevard de Waterloo, 1000 Bruxelles
02 537 51 61 – www.cartier.com

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