Paris Match Belgique

Les bijoux personnalisés, quand les parures resserrent les liens

Plutôt qu'un tatouage, on fait le pari précieux d'un bijou gri-gri | © Thea Jewelry

Montres et bijoux

Fini, le temps où les bijoux sur mesure étaient un luxe que seules les plus fortunées des précieuses pouvaient s’offrir. Désormais, le concept se décline de la bague au collier en passant par les bracelets, et les créatrices belges ne sont pas en reste. Gros plan sur 6 marques de bijoux personnalisés irrésistibles. 

Pour Magali Pinchasi, tout a commencé suite à la demande de ses clientes. Née dans une famille de joailliers, cette pétillante créatrice de 26 ans a d’abord suivi des études de communication, avant que l’appel des pierres ne se fasse trop fort. En parallèle de ses études de bijouterie à Londres, elle lance sa marque BE by Magali Pinchasi il y a 5 ans. « On était toujours en plein coeur de la crise, et les femmes avaient envie d’acheter des bijoux qu’elles pouvaient changer selon leurs tenues, alors j’ai voulu créer une ligne abordable » explique-t’elle. Et très vite, ses clientes ne se contentent pas de craquer pour ses bijoux mais désirent aussi les personnaliser. « Ce n’est pas moi qui ai pris la décision de lancer des bijoux personnalisés mais mes clientes ! J’ai commencé par lancer une ligne avec des slogans fun tels que « live, love, laugh », mais très vite, elles m’ont demandé de personnaliser leurs modèles avec des phrases motivantes, des prénoms… ».

Parmi les fans des créations de Magali, la joueuse Tiany Kiriloff – Tiany Kiriloff

Comme un tatouage

Et c’est également le prénom de l’être aimé qui a poussé Emilie Duchêne à lancer by Thea. « J’ai toujours porté des bijoux personnalisés, et j’ai eu envie d’en réaliser un plus luxueux à la naissance de ma première fille, Thea. Je voulais une jolie typographie, un bracelet fin en or rose, mais je n’ai jamais trouvé ce que je cherchais, alors je l’ai dessiné moi-même. Très vite, j’ai eu beaucoup de demandes de mes proches, alors j’ai décidé de créer ma propre typo basée sur mon écriture et de lancer mon concept ». Et si les pièces se suivent et ne se ressemblent pas au gré des demandes des clientes, l’ADN de la marque reste le même : « ce bijou est comme un tatouage, il fait du bien, il fait sourire, il rassure… il reste près de nous. C’est un peu comme un porte-bonheur ou un grigri pour celles qui le portent ».

Les grigris précieux imaginés par Emilie Duchêne

Et si dans les créations estampillées Thea, les prénoms s’affichent fièrement au bout des doigts, chez Love Van Keer, ils se font subtils, comme un secret précieux à partager avec soi-même. Ses bagues personnalisables déclinent en effet les prénoms et mots choisis sur la tranche, une idée qu’elle a d’abord développée pour elle-même avant de la commercialiser face à la demande. « Je trouvais jolie l’idée de porter un bijou en hommage à mon fils sans pour autant que le monde entier soit au courant. C’est un gri-gri secret qui m’apporte beaucoup de force au quotidien ». Une collection poétique que la créatrice a baptisée Ode. Forcément.

Lore Van Keer

Forcément réservées aux femmes, ces odes précieuses ? Que du contraire. Si Magali Pinchasi souligne que les jeunes femmes lui commandent souvent le prénom de leur moitié et les mamans, celui de leurs enfants, « beaucoup d’hommes commandent aussi des bracelets masculins avec les prénoms de leurs enfants gravés dedans ». Un désir que le créateur de la marque de boutons de manchette précieux Oh my Got a bien compris. « Au tout début je m’étais dit que je ne ferais pas de pièces personnalisées. Jusqu’au jour où m’appelle une cliente américaine qui voulait faire une surprise à son mari en lui offrant quelque chose d’unique. Elle m’a raconté qu’elle voulait renforcer leurs liens et cela m’a inspiré mon modèle « double infinity ». Cela l’a séduite et elle m’a dit qu’elle souhaitait la même force et complicité à tous ceux qui achèteraient le modèle dans le futur ».

Lire aussi > Comment l’Inde a conquis le marché du diamant d’Anvers

Et s’il préfère éviter les initiales sur les boutons de manchettes « parce que c’est un bijou qu’on doit pouvoir transmettre », du reste, tout est possible : « En ce moment, je suis en train de travailler sur une demande d’un cuisinier qui veut des boutons de manchette en forme d’un aliment qu’il adore mettre dans ses plats. Tant que c’est beau et que ça rend heureux, je ne dis pas non ».

Oh my Got redéfinit le concept de bouton de manchette – Oh my Got

Et il n’y a pas que sur les chemises que les pierres précieuses se déclinent à l’envi. Dans son écrin bruxellois, la créatrice Axelle Delhaye s’amuse à réinventer les bijoux de famille, remettant les pierres au goût du jour en mariant les désirs de ses clientes à son univers onirique et enchanté. « Je vois le bijou personnalisé comme quelque chose d’authentique et d’autobiographique. Mes pièces racontent notre propre histoire et j’aime qu’on les porte comme un lien avec notre mémoire propre mais aussi notre mémoire collective ».

Axelle Delhaye réinvente les bijoux de famille – Axl Jewelry Shop

Envie de briller sans avoir nécessairement le budget pour des diamants ? Pile à temps pour la période des fêtes, la marque liégeoise Mia Bay lance la possibilité de personnaliser les joncs délicats qui ont fait sa renommée.

Mya Bay

« La demande était très forte, et grâce à la possibilité de personnalisation, les bijoux accompagnent désormais vraiment ceux qui les portent. Beaucoup de joncs personnalisés comportent des dates « clés », souvent en chiffres romains. Des mamans créent leur bracelets avec les prénoms de leurs enfants ainsi que les dates de naissance. Des hommes y inscrivent des mots d’amour pour leur moitié ; jusqu’à des demandes en mariage « veux-tu m’épouser ? » ! Nous avons aussi des annonces de naissances « veux-tu être ma marraine ? » ou de mariage « veux-tu être mon témoin ?»… Beaucoup de choses sont possibles » sourit Sophie, la créatrice de Mya Bay. Et d’ajouter joliment que « tel un tatouage, le bijou personnalisé fait partie de la personne qui le porte ».

CIM Internet