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Et si déménager au bout du monde était vraiment la solution ?

Hajo Adam est catégorique : partir loin est l'une des clefs de la connaissance de soi. | © Pexels

Psycho et sexo

Le voyage, une fuite ? Tout l’inverse, selon une récente étude américaine : déménager loin pourrait être la clef pour se retrouver vraiment.

Tout plaquer et partir, certains en ont le fantasme, tandis que d’autres franchissent le pas. Le point commun entre tous ? La crainte de ne pas pour autant trouver ce qu’ils cherchent au bout du voyage : une autre perspective pour plus de réponses, et ultimement, une vie plus sereine. Et contre toute attente, alors qu’on a bien souvent tendance à penser que le voyage est surtout une fuite, le chemin le plus court vers la connaissance de soi mène bien au bout du monde. C’est en tout cas ce qu’affirme Hajo Adam, chercheur et assistant de l’Université de Rice au Texas, dans une étude publiée il y a peu sur la plateforme ScienceDirect.

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L’homme a conduit six recherches distinctes sur différents panels pour explorer le degré de « compréhension de soi » des sujets. Pour ce faire, Hajo Adam a utilisé comme échelle les réponses à douze affirmations, telles que « Mes croyances à propos de moi entre souvent en conflit les unes avec les autres » ou « Je passe beaucoup de temps à me demander quel genre de personne je suis ». Et parmi les candidats à l’étude, ceux qui ne se retrouvaient pas forcément dans ces assertions, et qui avaient donc un certain niveau de compréhension d’eux-mêmes, étaient bien souvent ceux qui vivaient également loin de chez eux. Libres des attentes associées à leur propre culture, ils auraient ainsi davantage d’opportunités de trouver qui ils sont vraiment.

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Et c’est en se confrontant aux réalités et aux coutumes d’un autre pays que les expatriés conscientiseraient davantage ce qui importe vraiment pour eux. « Traverser de manière répétée ces expériences vous force à réfléchir à vos propres valeurs », explique Hajo Adam à Quartz.

Partir, mais surtout longtemps

Une autre découverte du chercheur, c’est qu’il ne s’agit pas forcément de se comporter en pigeon voyageur : un seul déménagement, sur le long terme, a plus d’impact sur la connaissance de soi qu’une série de voyages. « Il vaut mieux vivre dix ans dans un pays que deux ans dans cinq pays », illustre-t-il pour le magazine américain.

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C’est que les premiers temps à l’étranger, on est surtout absorbé par le côté pratique de la vie, plutôt que son analyse : il s’agit de savoir où aller pour se soigner, comprendre la langue de ce nouveau pays, en assimiler les codes du quotidien, ou encore trouver un logement durable. Ce n’est qu’après ces étapes inévitables que vient le moment de se recentrer sur soi-même. Mais à terme, Hajo Adam en est persuadé : « partir loin de chez soi peut mener à se retrouver plus proche de son vrai soi ».

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