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Au Mexique, la libération sexuelle passe (aussi) par le « sexting »

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La plupart des participantes reconnaissent que le sexting est surtout féminin. | © Pedro PARDO / AFP

Psycho et sexo

Le gouvernement mexicain veut encourager les femmes à considérer le sexting comme une forme de liberté d’expression et de libération sexuelle, mais les aider aussi à prendre conscience des dangers de cette pratique.

 

Heureuse dans son couple et mère de deux grands enfants, Marytrini Aguilar ne correspond pas vraiment à l’image qu’on se fait d’une experte en « sexting ». Cette Mexicaine de 43 ans a pourtant récemment rejoint un atelier dédié à cette pratique et parrainé par le gouvernement mexicain. La quadragénaire se dit fière d’appartenir à un petit groupe de femmes qui explorent leur sexualité et pimentent leurs relations en partageant des selfies coquins pris avec leur téléphone.

Gratuit, l’atelier intitulé « Je sextote, et toi ? » est organisé par un groupe de défense des droits des femmes baptisé Luchadoras (Les lutteuses). En le soutenant, les autorités veulent encourager les femmes à considérer le sexting comme une forme de liberté d’expression et de libération sexuelle, mais les aider aussi à prendre conscience des dangers de cette pratique.

Lors des ateliers, une session est consacrée à aider les femmes à avoir une meilleure connaissance de leur corps. © Pedro PARDO / AFP

Amplifier son plaisir et ses horizons sexuels

« Le sexting me donne la liberté d’exprimer ma sensualité », explique Marytrini Aguilar, cheveux bruns et tatouages sur le bras et le buste. « Il flatte ma vanité et me rassure. Je suis contente de faire plaisir à la personne à qui j’envoie la photo », dit-elle. « Je pense que mes amies le font aussi, mais elles ne l’avoueront jamais », explique cette femme d’affaires, qui aime sextoter avec son mari.

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Elle dit que l’atelier – enseigné en trois sessions de quatre heures – lui a permis de se sentir plus à l’aise. Une session est notamment consacrée à aider les femmes à avoir une meilleure connaissance de leur corps. « Nous avons appris que nous sommes toutes pareilles, que nous pouvons continuer à explorer notre sexualité et notre sensualité, et que chacune d’entre nous peut être sensuelle », explique la quadragénaire. Gisela Rubio, une autre participante à cet atelier, a commencé le sexting à 17 ans. « C’est magnifique car tout le monde peut le faire, il n’y a aucun risque de grossesse ou de maladies sexuellement transmissibles. Vous amplifiez votre plaisir et vos horizons sexuels », dit-elle.

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Une partie de l’atelier consiste à apprendre à échanger des images de détails physiques autres que les parties génitales, afin d’utiliser tout son corps. © Pedro PARDO / AFP

Le droit d’utiliser son corps

Des participantes reconnaissent que le sexting est surtout féminin. « La femme est plus encline à exprimer sa sensualité, peut-être que l’homme ne se voit pas comme ça ou on ne le projette pas comme ça », estime Marytrini Aguilar. Gisela Rubio suggère de ne pas limiter l’échange d’images aux parties génitales, surtout masculines. « Peut-être que votre partenaire aime votre dos, vos jambes, vos pieds ou vos mains », dit-elle. Une partie de l’atelier consiste d’ailleurs à apprendre à échanger des images de détails physiques autres que les parties génitales.

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« Nous grandissons avec des téléphones portables à la main », rappelle Rio, une photographe qui apprend aux participantes à mieux prendre des photos de nus. « Mais nous devons mettre fin à ces tabous qui constituent une violence contre les jeunes, en particulier contre les jeunes femmes qui exercent simplement leur droit d’utiliser leur corps, et vivre leur sexualité », dit-elle.

 

Avec Belga

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