L’agressivité mignonne, ou le besoin de torturer tout ce qui est mignon

L’agressivité mignonne, ou le besoin de torturer tout ce qui est mignon

agressivité mignonne

Vous rêvez de serrer très (trop) fort ce petit chiot jusqu'à pratiquement l'étouffer ? | © Unsplash / Jairo Alzate.

Psycho et sexo

Débordé par les émotions, l’être humain peut se révéler quelque peu agressif envers ses mignonnes créatures. 

Si vous avez déjà croisé un chaton ou un bébé et que vous avez eu envie de le serrer très très fort, de le pincer ou encore de l’écraser avec vigueur parce que vous le trouviez vraiment trop mais alors trop mignon, vous n’êtes certainement pas le seul dans ce cas. Mais n’est-il pas bizarre que quelque chose de mignon provoque une telle réaction au lieu d’une marque d’affection plus douce ? On va se l’avouer, oui, même si ce phénomène est bien plus répandu qu’on ne le pense. Et il a même un nom : on l’appelle « agressivité mignonne ». Des scientifiques ont récemment révélé avoir trouvé la base neurologique de cette étrangeté, nous apprenait Vice. Selon eux, nous sommes parfois submergés par tant de beauté que « l’agressivité mignonne est la façon pour le cerveau de nous faire redescendre ».

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Deux chercheuses de l’université de Californie ont ainsi présenté, début décembre, leurs travaux sur l’origine neurologique de ce phénomène dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience. En d’autres termes, elles ont cherché à comprendre ce qu’il se passe dans notre cerveau lorsqu’on exprime une agressivité exponentielle au regard d’un sujet particulièrement adorable. En 2015 déjà, une étude menée par des membres de l’université de Yale avait déjà mis en évidence que nous pouvons exprimer des émotions paradoxales face à une stimulation « mignonne » : une envie de protéger, mais aussi une forme d’agressivité.

Un trop-plein d’émotions

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© Unsplash / Freddie Marriage.

Comment expliquer cette étrange envie de se jeter avec agressivité sur une créature que l’on trouve adorable ? D’après l’activité neuronale qu’elles ont pu observer au cours de leurs travaux, les chercheuses assurent que plusieurs systèmes du cerveau sont stimulés. « Le système de récompense est impliqué dans les expériences d’agressivité mignonne des gens », explique Katherine Stravropoulos dans un communiqué de l’UC Riverside. Les chercheuses expliquent aussi que plus un animal ou un bébé nous semble mignon, plus nous avons la sensation de nous laisser déborder par cette émotion.

Autrement dit : si vous avez l’impression qu’un chiot ou un chaton est trop mignon pour vous, le phénomène de l’ « agressivité mignonne » semble se produire. Cette réponse de notre cerveau serait un moyen de « nous ramener à la vie » face aux sentiments qui nous submergent.

Un mécanisme de modération

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© Unsplash / Berkay Gumustekin.

« Une agression mignonne peut servir de mécanisme de modération qui nous permet de prendre soin de quelque chose que nous pourrions d’abord percevoir comme extrêmement mignon », résume Katherine Stravropoulos. Pour parvenir à cette conclusion, Katherine Stravropoulos et Laura Alba ont demandé à 54 volontaires âgés de 18 à 40 ans de porter des couvre-chefs équipés d’électrodes. Grâce à la technique de l’électroencéphalographie, les scientifiques ont enregistré l’activité électrique du cerveau des participants, avant, pendant et après leur avoir montré une série d’images.

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Les 32 visuels étaient répartis en quatre catégories différentes : deux consacrées aux bébés et deux autres aux animaux. Dans chacun de ces thèmes, les chercheuses ont séparé les clichés qu’elles jugeaient les plus mignons et moins mignons. Ces images ne figurent cependant pas dans leur étude complète, ce qui ne permet pas de savoir comment leur niveau de « mignonnerie » a été évalué par les chercheuses.

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