18 degrés en février : Quand l’anxiété écologique nous empêche d’en profiter

18 degrés en février : Quand l’anxiété écologique nous empêche d’en profiter

réchauffement climatique

Le réchauffement climatique devient pour de plus en plus de gens une source de stress et d'angoisse. | © BELGA PHOTO PAUL-HENRI VERLOOY

Psycho et sexo

Face à un mois de février quasi printanier, certains ne parviennent pas à pleinement en profiter. La faute à leur éco-anxiété.

 

« Un temps printanier avant l’heure. Des températures à la hausse tout au long du week-end. Jusqu’à 18 degrés attendus la semaine prochaine. » Depuis dix jours, les bulletins météo se suivent et se ressemblent. À force de taper abondamment sur le pays, le soleil redonne bonne mine aux uns et fait trépigner les autres, impatients d’inaugurer leur premier barbecue de l’année.

Face à tant de douceur, de terrasses ensoleillées et de bourgeons en fleur, certains trinquent à la vitamine D avec un arrière-goût d’anxiété. Car qu’on s’en inquiète ou non, il fait bien trop chaud pour un mois de février.

Panique chez les jeunes

Comme le rapportent plusieurs chercheurs et professionnels de la santé, le réchauffement climatique devient pour de plus en plus de gens une source de stress et d’angoisse. Préoccupés par les dérèglements (même minimes) observés dans le monde entier, ils souffrent de ce que l’on appelle l’anxiété écologique ou éco-anxiété. Un phénomène particulièrement observés chez les jeunes.

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Pour mieux comprendre les effets du dérèglement climatique sur la santé mentale, il suffit d’écouter le témoignage de Greta Thunberg, nouvelle icône de la lutte pour le climat, tombée en dépression à l’âge de 11 ans face à « la crise existentielle qui menace notre civilisation ». « La première fois que j’ai entendu parler du réchauffement climatique, je devais avoir 8 ans (…) Ça m’a beaucoup touché, je suis devenue triste », confiait l’ado suédoise à BRUT. Un discours qui fait écho à celui d’Anuna De Wever, jeune activiste belge et créatrice du mouvement Youth For Climate. « Nous avons eu une grosse vague de chaleur en Belgique cet été. J’étais vraiment terrifiée car c’était la première fois que j’étais concrètement confrontée aux effets secondaires du changement climatique », racontait-elle récemment à Paris Match Belgique.

depression ecologie
Chez le psy, le climat de peur se fait de plus en plus ressentir lors des consultations. © Pixabay

Le nouveau défi des psychologues

Pour les scientifiques, le nombre grandissant de personnes qui font état de détresse par rapport au réchauffement climatique est éloquent. Comme l’expliquait Vice début février, un rapport publié par l’American Psychological Association a souhaité mettre en lumière les préoccupations écologiques ressenties par les « éco-anxieux » afin d’encourager les « spécialistes de la santé mentale à se former sur les questions d’environnement et à apprendre à reconnaître les conséquences sur les patients, qui peuvent comprendre entre autres un taux plus élevé de dépression, d’agression ou de violence, et un sentiment d’impuissance et un fatalisme accrus ».

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Chez le psy, le climat de peur se fait de plus en plus ressentir lors des consultations. « S’inquiéter du réchauffement climatique peut générer des angoisses et des symptômes de dépression », confirme au HuffPost le psychologue Josef Ruzek, précisant que les thérapeutes ont de plus en plus besoin d’aider leurs patients à « combattre le sentiment d’impuissance, à s’exprimer de manière constructive et à développer un sentiment personnel de résilience de d’optimisme » afin de faire face aux peurs susceptibles de perturber le quotidien. Pour ceux qui souffrent d’anxiété écologique, les experts recommandent de mettre en place des techniques afin de ne pas se laisser submerger, comme prendre certaines distances avec l’actualité climatique, faire de l’exercice pour calmer le stress, pratiquer la pensée positive ou la méditation de pleine conscience.

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