Fertilité : Pourquoi l’horloge biologique tourne aussi pour les hommes

Fertilité : Pourquoi l’horloge biologique tourne aussi pour les hommes

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Une nouvelle étude rappelle les risques liés à une "paternité avancée". | © Unsplash / Annie Spratt

Psycho et sexo

À partir de 35 ans, les hommes peuvent rencontrer plusieurs complications, faisant courir certains risques à leur partenaire et leur futur nourrisson.

 

On les croyait tranquilles, ou du moins peu concernés par le tic-tac oppressant de l’horloge biologique. Pourtant, les hommes n’ont pas toute la vie devant eux pour concevoir un enfant. Ils auraient même plutôt intérêt à ne pas attendre trop longtemps, si l’on en croit plusieurs études scientifiques.

Tout comme les femmes avec leurs ovocytes, les hommes devraient carrément envisager de stocker (voire congeler) leur sperme avant d’atteindre « l’âge de paternité avancé », souligne une nouvelle étude repérée par The Independent. Publié dans la revue Maturitas, le travail réalisé par trois chercheuses américaines estime qu’à partir de 35 ans et jusqu’à 45 ans, les hommes peuvent rencontrer plusieurs complications dans le processus de conception.

Risques multiples…

En plus de prendre le risque de voir leur fertilité baisser, les hommes exposent leurs partenaires féminines à certains dangers liés à la grossesse et l’accouchement, comme le diabète gestationnel, la pré-éclampsie (une hyper-tension artérielle gravidique qui apparaît dans la deuxième moitié de la grossesse) ou encore les naissances prématurées, précise l’étude. Et d’ajouter que les bébés nés de pères plus âgés sont plus susceptibles de développer un certain nombre d’affections, telles qu’une cardiopathie congénitale, des convulsions néonatales, des cancers ou des troubles cognitifs tels que l’autisme.

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Basée sur 40 années de recherche, l’étude relayée par Slate explique la cause de ces complications par le déclin naturel des niveaux de testostérone de l’homme. « Outre l’âge, associé à un risque accru d’infertilité, le sperme subit d’autres changements indésirables au fil du temps », écrivent les auteurs de l’étude. « Par exemple, tout comme les hommes perdent en force musculaire, en souplesse et en endurance en vieillissant, leurs spermatozoïdes ont également tendance à perdre de leur vitalité tout au long de leur cycle de vie ». Ce qui peut entraîner des mutations héréditaires dans l’ADN de la progéniture ainsi qu’un certain nombre de troubles.

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Plusieurs études ont déjà mis en évidence les conséquences d’une « paternité avancée » sur les enfants. © Pexels / Dominika Roseclay

… mais mal compris

S’il est largement admis que des changements physiologiques se produisent chez les femmes après 35 ans, pouvant affecter la conception d’un enfant, « la plupart des hommes ne se rendent pas compte qu’il peut en être de même chez eux », déplorent les scientifiques. Or, plusieurs études ont d’ores et déjà mis en évidence les conséquences d’une « paternité avancée » sur les enfants. « Il a été prouvé que la schizophrénie est plus probable chez les enfants de pères plus âgés – un enfant sur 141 dont le père a moins de 25 ans, contre un sur 47 avec un père âgé de plus de 50 ans – même si la raison n’est pas encore bien comprise », ajoute Gloria Bachmann, co-autrice de l’étude et directrice de l’Institut de santé des femmes à la faculté de médecine Rutgers Robert Wood Johnson. « Par ailleurs, certaines études ont montré que le risque d’autisme commençait à augmenter lorsque le père avait 30 ans, se stabilise à 40 ans, puis augmentait à 50 ans. »

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En 2018, une étude conduite par des chercheurs de l’université de Stanford révélait déjà que les pères âgés de plus de 35 ans risquaient davantage de problèmes avec leur nourrisson, comme un faible poids à la naissance ou encore des convulsions. Plus tard, la revue Science Daily recommandait – s’appuyant sur l’avis de plusieurs experts – aux hommes désireux de retarder leur désir d’enfant d’envisager le stockage ou la congélation de leur sperme. Des conclusions qui n’ont pas encore suffisamment convaincu la gent masculine à prendre plus au sérieux sa fertilité et son horloge biologique, regrette Gloria Bachmann, qui estime que les femmes demeurent beaucoup plus proactives sur la question.

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