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Travailler un jour par semaine peut tout changer à notre santé mentale

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Et si on passait à la semaine de 8 heures ? | © Unsplash / Anthony Mapp

Psycho et sexo

On travaille (beaucoup) trop et il est grand temps de ralentir le rythme. C’est une question de survie mentale.

Vous rêvez d’être en vacances tous les mois ? Suppliez chaque semaine de pouvoir prolonger vos week-ends ? Fatigué d’avance à l’idée de travailler plus de sept jours d’affilée ? Pas de panique, c’est tout à fait normal. Une nouvelle étude réalisée par les très sérieuses universités de Cambridge et Salford estime que l’on travaille beaucoup trop… et qu’il est grand temps de diminuer nos heures.

Quatre ou cinq jours par semaine pour les uns, six ou sept pour les autres. Si nos emplois du temps professionnels varient selon les périodes et les fonctions de chacun, ils n’en restent pas moins chargés. Trop chargés. Publiée cette semaine dans la revue scientifique Social Science & Medicine, l’étude intitulée « A shorter working week for everyone » suggère que l’on devrait se contenter d’un jour de travail par semaine, soit huit heures de labeur hebdomadaire.

Il en faut peu pour être heureux

Conduite auprès de plus de 70 000 habitants du Royaume-Uni entre 2009 et 2018, la recherche s’est penchée sur le lien entre les changements d’horaires de travail, le bien-être et la santé mentale. D’après les résultats rapportés par The Independent et repérés par Slate, les personnes anciennement au chômage ou au foyer qui recommencent à travailler à raison de huit heures par semaine ont beaucoup moins de risques (-30%) de développer des problèmes de santé mentale.

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« Un jour par semaine est la dose la plus efficace pour bénéficier des avantages psychologiques d’un travail rémunéré », indiquent les chercheurs. Une conclusion qui apparaît comme bonne nouvelle, dans un climat d’inquiétude suscité par l’émergence des technologies d’automatisation, pouvant entraîner une réduction générale des heures de travail. « Nous savons que le chômage nuit souvent au bien-être des personnes et affecte négativement l’identité, le statut, l’emploi du temps et le sens du but collectif », explique Brendan Burchell, co-auteur de l’étude et chercheur à l’université de Cambridge. « Désormais, nous avons une idée de la quantité de travail rémunéré nécessaire pour obtenir les avantages psychologiques et psychosociaux de l’emploi », ajoute-t-il.

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Les scientifiques suggèrent d’augmenter la durée des congés annuels, de travailler deux heures par jour ou encore rallonger les week-ends jusqu’à cinq jours. © Pexels / Buenosia Carol

Le temps-plein, en voie de disparition ?

Grâce aux nouvelles technologies, le travail à temps-plein pourrait bien être en voie de disparition, estiment les experts. « Au cours des prochaines décennies, nous pourrions voir l’intelligence artificielle, la big data et la robotique remplacer une grande partie du travail rémunéré effectué par les humains », indique Daiga Kamerade, co-autrice de l’étude. « S’il n’y en a plus assez pour toutes les personnes qui veulent travailler à temps plein, nous devrons repenser les normes actuelles. »

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Pour ces sociologues britanniques, tous les moyens sont bons (et nécessaires) pour redistribuer le temps de travail. Ainsi suggèrent-ils de commencer par une augmentation de la durée des congés annuels, de travailler deux heures par jour ou encore rallonger les week-ends jusqu’à cinq jours. Une démarche également suggérée par le groupe de réflexion Autonomy en mai dernier, cette fois pour limiter le réchauffement climatique. D’après leur étude, il faudrait carrément passer à la semaine de six heures pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre… et sauver la planète.

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