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Comment redynamiser notre vie sexuelle ? Une sexologue nous conseille

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Notre experte nous conseille. | © Unsplash

Psycho et sexo

On a beau s’aimer et être parfaitement heureux avec son ou sa partenaire, parfois la vie sexuelle ne suit pas.

 

Monotonie, stress ou encore désirs inassouvis, plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de blocages lors des rapports sexuels. Colette Durieux, sexologue et thérapeute de couple, nous rappelle que l’homme et la femme vivent leur sexualité différemment. Toute vie sexuelle repose sur la fréquence et les fantaisies. Si l’idéal serait que les deux partenaires aient exactement la même vision des choses, bien souvent il n’en est rien. En général, l’homme a plus de besoins que la femme. Ce constat est lié au taux d’hormones. En effet, l’homme a 80 à 90% de testostérones qui lui tombent dessus à l’adolescence, là où la femme n’en a que 15 à 20%. L’homme va ainsi gérer cette excitation en se masturbant, une pratique tout à fait saine qui est recommandée pour les deux sexes, puisqu’il s’agit là de notre première vie sexuelle.

Là où la femme sera plus excitée auditivement, l’homme sera lui plus visuel, raison pour laquelle les films pornographiques sont en général plus regardés par la gente masculine. La sexualité n’est donc pas abordée de la même manière et en prendre conscience est la première chose essentielle pour tout couple qui souhaite s’épanouir sexuellement. Par exemple, une femme a besoin d’un certain temps de préliminaires avant d’arriver au même stade d’excitation que l’homme. Au risque d’avoir mal lors de la pénétration…

Trouver un juste milieu

La sexologue conseille donc aux partenaires de communiquer sur la fréquence idéale des rapports pour chacun. « On prend alors la fréquence la plus basse car c’est contre productif de se forcer. Si l’un des partenaires se force, il y aura à un moment donné un blocage complet » , explique-t-elle. En parallèle, elle conseille de compenser en augmentant les fantaisies lors des rapports. Pour ce faire, elle se base sur une liste érotique: l’ambiance, le lieu, les caresses de tout le corps sauf des parties intimes, les caresses génitales, les positions et enfin les jeux. « L’idée est d’élargir l’éventail des fantaisies dans le domaine du consentement de chacun. Chaque partenaire coche ce qu’il aime dans cette liste et ce qu’il n’aime pas. L’objectif est de parler de sexualité dans le couple, car ce n’est pas évident, elle reste encore très tabou. » Mains attachées, yeux bandés, musiques érotiques, chacun peut y aller de son idée.  De cette manière, le couple met en place une sexualité plus libérée et où le lâché prise est au centre. Le plus important n’est pas d’atteindre l’orgasme, mais de prendre du plaisir. S’il y a plaisir, l’orgasme viendra en grande partie assure l’experte.

Adieu le stress

Pour réaliser cet exercice dédié au plaisir, les deux partenaires doivent bien entendu être bien prédisposés. « Nous devons également savoir que le corps et le cerveau sont étroitement liés. Il est peut-être même le premier organe du plaisir. S’il y a un blocage psychologique, il y aura un blocage sexuel » , explique Colette Durieux. Ainsi par exemple, si la femme a peur d’avoir mal ou si l’homme a peur de ne pas être assez performant, cela n’ira pas. Le cerveau va sécréter de l’adrénaline en pensant qu’il y a un danger, même s’il n’est pas réel. Le coeur va s’accélérer, la respiration sera plus rapide, les pupilles vont se dilater et tous les muscles vont se contracter. Le corps sera donc en hyper vigileance, et cela pourrait causer une baisse de l’érection ou des contractions au niveau du périnée chez la femme. De ce fait, il n’y aura pas de possibilité de pénétration. Les contraires du plaisir sexuel sont donc le stress, le contrôle et l’anxiété.

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En général, un homme est capable de laisser ses problèmes professionnels de côté une fois qu’il est dans la chambre à coucher, mais il est centralisé sur ses performances. C’est un autre type de stress que celui que les femmes ressentent. « Il faut avant tout vider son esprit de toutes pensées négatives, il faut se focaliser sur d’autres choses comme le plaisir de sa partenaire et ne pas se focaliser sur son érection » , conseille la sexologue. L’homme comme la femme peuvent également développer un carnet mental de fantasmes. D’ailleurs, il s’agit là de la deuxième vie sexuelle, combinée à la première elles sont un moteur essentiel des rapports en couple (la troisième vie sexuelle). Les partenaires pourront ensuite utiliser cette liste mentale lors d’un moment de stress afin de rebooster l’érection chez l’homme et de stimuler l’excitation chez la femme, ce qui permettra au vagin de s’allonger et de recevoir le pénis.

Enfin, la sexologue conseille de privilégier la communication au sein du couple. Un conseil qui peut sembler très basique, mais qui a toute son importance. De cette manière, le couple apprend à toujours mieux se connaître et cela évitera tout quiproquo lors des prochains rapports.

 

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