Paris Match Belgique

Natacha Calestrémé nous donne les clés pour apprendre à se sentir mieux

« Il serait bon que ceux qui n’ont que le chamanisme puissent bénéficier de notre médecine, et que ceux qui n’ont que la médecine puissent se reconnecter aux rituels convoquant des choses qui nous dépassent » | © DR

Psycho et sexo

Elle est un phénomène, la « reine du feel good », l’apôtre de l’art d’apprendre à mieux vivre. Sur la lancée de son best-seller « La Clé de votre énergie », « Trouver ma place, 22 protocoles pour accéder au bonheur » est déjà un succès. Avant de venir à Bruxelles et à Mons raconter sa fabuleuse histoire, elle se confie à Paris Match Belgique.

 

Un entretien avec Nadia Salmi

Paris Match. Votre dernier livre a trouvé sa place, puisque c’est déjà un best-seller. Mais qu’en est-il de la vôtre ?
Natacha Calestrémé. Très tôt, la question de la place s’est posée dans ma vie. J’ai une sœur jumelle qui me ressemblait comme deux gouttes d’eau jusqu’à 18 ans. C’était donc très compliqué pour moi de trouver mon originalité, mon individualité. Ensuite, je suis l’épouse de Stéphane Allix, un ancien reporter de guerre qui a présenté l’émission « Les Enquêtes extraordinaires » sur M6 et est un écrivain à succès. Ce n’est pas toujours évident d’exister en tant que journaliste, réalisatrice et romancière à côté de quelqu’un de connu.

Parce que vous êtes considérée comme « la sœur de » et « la femme de » ?
C’est une belle formule. Mais « la sœur de » sous-entend que ma sœur était davantage mise en avant que moi, ce qui n’est pas le cas. Disons que j’avais l’impression d’être une personne bicéphale, de ne pas avoir la possibilité d’exister car on parlait de moi en disant « les jumelles ». Ce n’était pas « Natacha ». Je n’existais pas. Et avec mon mari, je n’arrivais pas à briller de mon côté. Ça n’avait rien à voir avec lui. Il n’aurait pas été là, cela aurait
été pareil. J’étais invisible. Et je m’en suis rendu compte grâce à une série d’épreuves qui ont duré quatre ans. Entre 2011 et 2015, j’ai perdu mon travail, j’ai connu des problèmes d’argent, j’ai perdu ma petite sœur ainsi que ma meilleure amie des suites de harcèlement conjugal et j’ai fini avec une double hernie discale. Autant dire que la vie m’a contrainte à me poser et à me remettre en question. C’est là que j’ai utilisé des rituels de chamans, énergéticiens et guérisseurs que j’avais interviewés pour Géo ou la télévision. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, puisque la guérison par la voie traditionnelle n’avait rien donné. Et ça, ça a changé toute ma vie. J’ai retrouvé de l’énergie en comprenant les messages envoyés par les épreuves.

 

Avec son époux Stéphane Allix, un ancien reporter de guerre ayant présenté l’émission « Les Enquêtes extraordinaires » : « Je n’oublie jamais la manière dont j’ai considéré les rituels chamaniques avant de les pratiquer. » ©DR

Dans votre livre, vous évoquez à ce sujet la fameuse phrase de Carl Gustav Jung : « Ceux qui n’apprennent rien des faits désagréables de leur vie forcent l’univers à les reproduire autant de fois que nécessaire pour apprendre ce qu’enseigne le drame. »
C’est ça. Lorsqu’on rencontre une difficulté, il faut en chercher l’origine dans sa petite enfance, de 0 à 9 ans. Quand on est enfant, on n’est pas armé pour faire face aux épreuves que l’on vit. Cela crée un tsunami émotionnel. Et comme on sait, après un tsunami, d’autres vagues surgissent qu’on appelle des répliques. Dans la vie, c’est pareil : ce qui n’a pas été réglé quand on était enfant revient à l’âge adulte. C’est un phénomène de répétition. Ce dernier peut aussi s’expliquer par ce qui n’a pas été digéré par nos ancêtres et ça, l’épigénétique le prouve. Cette science montre que quand une personne subit un traumatisme, cela crée une transformation de l’expression de ses gènes et, plus étonnant, que cela se transmet aux descendants qui n’ont pas vécu cette épreuve. Ça s’appelle un héritage transgénérationnel. Heureusement, c’est l’enfant qui est le plus à même d’en venir à bout qui en hérite.

Il y aurait donc là possibilité de briser le cycle ?
Oui, avec des rituels. En se déchargeant du fardeau émotionnel, on va soulager nos ancêtres et nos descendants. Moi, je n’ai rien inventé. J’ai juste transformé des choses un peu bizarres en protocoles faciles à mettre en pratique.

Le fait que vous appeliez cela « protocole », est-ce parce que vous souhaitez rendre sérieux des rituels qui pourraient prêter à sourire dans notre société ?
Bien sûr, c’est un moyen de rassurer le lecteur. Le mot « pratique » me paraissait bizarre. « Technique », c’était compliqué. Un protocole, c’est simple. Moi, je suis journaliste spécialisée en santé et environnement. J’ai fait des films sur le réchauffement climatique, sur les perturbateurs endocriniens, sur l’autisme… La science me rassure. « Protocole », c’est donc aussi pour me rassurer. Grâce à un thérapeute, j’ai réalisé que j’étais invisible dans ma profession comme ma grand-mère l’était dans son couple. Le jour où j’ai compris cela, je n’ai rien dit à personne et j’ai fait le protocole de libération d’héritage émotionnel avec ma grand-mère pour ne plus porter son épreuve. Le lendemain matin, RTL m’appelait pour m’interviewer sur un roman que j’avais écrit et qui était sorti six mois plus tôt. C’était improbable… mais cela continue avec cet article aujourd’hui dans Paris Match ! Fondamentalement, je suis la même. Mais si je fais l’objet d’intérêt aujourd’hui, c’est parce que je me suis libérée d’une souffrance invisible, d’un fardeau qui ne m’appartenait pas. Dans mon livre, je propose au lecteur de faire pareil, de chercher des correspondances entre son problème et celui de ses ancêtres.

(…) La suite de ce passionnant entretien dans votre Paris Match Belgique de cette semaine

 

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