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Cette tendance sexuelle qui cartonne est particulièrement dangereuse

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Image d'illustration. | © Unsplash

Psycho et sexo

La pratique est de plus en plus répandue malgré les risques.

 

Un excitant sexuel

Le « breath play » ou « asphyxie érotique » en français, consiste à étrangler son ou sa partenaire pendant un rapport sexuel afin de restreindre volontairement l’oxygénation du cerveau à des fins d’excitation. Seul bémol, la pratique particulièrement courante dans le milieu BDSM (mais pas que) peut avoir de graves conséquences sur la santé (évanouissements, lésions…) voire entraîner la mort.

Comment expliquer que le phénomène se répande à ce point malgré sa dangerosité ? Aux États-Unis, près de 64% des jeunes femmes disent avoir déjà été étranglées pendant un rapport sexuel contre 29% de jeunes hommes. En cause : le porno, les réseaux sociaux mais aussi les clichés sexuels véhiculés par la culture populaire, notamment dans les films et les séries. Dans ces derniers, le breath play serait presque présenté comme sexy et glamour. La pornographie a démocratisé l’usage du tag « choking », donnant l’impression que la pratique est normale et accessible à tous.

Une pratique dangereuse

Pourtant, elle peut être fatale. De nombreuses histoires dramatiques liées à l’utilisation de cette pratique sexuelle ont d’ailleurs été relayés dans les médias. Si l’on va plus loin encore, elle pose surtout la question du consentement mutuel entre les deux partenaires qui s’adonnent au « breath play ». Puisque le geste se déroule durant un acte sexuel, il peut conduire à une banalisation des féminicides, présentés à tort comme des « accidents ».

En 2018, une jeune Britannique de 22 ans, Grace Millane, rencontrait sur Tinder, Jesse Kempson alors qu’elle était en Nouvelle-Zélande, en plein tour du monde. Elle n’a jamais quitté l’appartement du jeune homme avec lequel elle a matché. Selon la police, les blessures constatées sur son corps pourraient s’apparenter à un étouffement de « quatre à cinq minutes ». Jesse Kempton a été condamné à la perpétuité mais, avant cela, la défense avait soutenu qu’il s’agissait d’un accident à l’issue d’un jeu sexuel qui aurait mal tourné. Une version rejetée par le jury. Cet argument serait ainsi souvent utilisé dans des affaires pénales du même acabit. Souvent, la preuve du consentement de la victime est impossible à déterminer vu que celle-ci est décédée.

On a donc beau l’appeler « asphyxie érotique », l’expression renvoie tout de même à un étranglement. On exerce une pression sur le coup de quelqu’un et, ce geste, même s’il ne dure que quelques secondes, peut entraîner une perte de conscience avec des lésions cérébrales parfois irréversibles. Pour le pratiquer en toute sécurité, on vérifie que tout est clair avec son partenaire au préalable, et on réalise ce geste dans un climat de confiance qui suppose que l’autre saura exactement comment s’arrêter. Un « safe word » ou « safe gesture » peut être également mis en place pour alerter l’autre à tout moment si le jeu dérape.

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