Paris Match Belgique

L’autopsy : Manque de fantaisie ? Voici comment réintroduire une dose de pep’s à notre quotidien

comment apporter de la fantaisie

Tous nos meilleurs conseils. | © D.R.

Psycho et sexo

Dans cette autopsy, nous essayons de vous prodiguer les meilleurs conseils pour vous permettre d’apporter un peu de folie dans votre quotidien.

 

Le quotidien peut avoir ses bons et ses mauvais côtés. Si certains s’épanouissent tout à fait avec leur petite routine et ne voudraient jamais en changer, d’autres par contre se lassent plus vite et ressentent le besoin d’apporter du changement à leur vie. Peu importe dans quelle case on se place, il n’y a pas de bon ou de mauvais profil, le tout est de faire ce dont nous avons besoin pour être épanoui. Mais alors, comment reconnaitre les signes d’un manque de fantaisie ? Que faire dans ces cas-là ? Nous avons interrogé Anne-Françoise Meulemans, médecin psychothérapeute et coordinatrice de CentrEmergences et de la plateforme E-mergence. L’experte nous prodigue ses meilleurs conseils pour redynamiser notre quotidien.

Lire aussi > L’autopsy : Guerre, prix de l’énergie, climat… Je n’ose même plus m’informer, que faire ?

Quand est-ce qu’un manque de fantaisie peut se ressentir ?

« Un manque de fantaisie peut se ressentir dans une période de lassitude et d’ennui. La question de savoir comment réintroduire cette fantaisie va dépendre en fonction du type de personne. Il y a des profils qui sont plus coutumiers à une vie de routine et ça leur va très bien, et il n’y a pas à moraliser le débat. Et il y en a d’autres qui ont besoin pour se sentir vivant d’avoir une introduction de l’inattendu dans leur quotidien. »

Quels sont les signes d’un manque de fantaisie au quotidien ?

« Il se ressent lorsque notre routine est usante, qu’elle ne nous enrichit pas, ne nous nourrit pas et nous ne stimule pas. C’est une sensation de lourdeur, de gravité, de stagnation et d’inertie. Un véritable manque de rebondissement. La fantaisie permet d’adopter un nouveau rythme et de donner une nouvelle pulsation au quotidien. »

Que faire dans ce cas-là ?

« Ce manque de fantaisie peut être passager et il suffit alors d’attendre. Mais si cela persiste, il faut alors se poser la question de savoir qu’est ce qui me manque ? Qu’est ce qui pourrait améliorer mon quotidien ? Et essayer de quitter les sentiers battus. Il faut oser le faire bien sûr, car le quotidien est rassurant et nous permet de structurer notre journée. On peut alors choisir une activité au hasard, faire une liste de nos envies, s’essayer à quelque chose que l’on n’a jamais fait et se dire pourquoi pas ? Cela demande un peu d’audace de quitter notre zone de confort mais cela nous permet de nous découvrir dans une posture nouvelle et inattendue. Il y a un petit challenge, on doit faire en quelque sorte comme si on n’avait pas peur. C’est une expérience de perte de contrôle et de lâcher prise. On oublie nos automatismes et on subit de manière positive les événements. On devient acteur et observateur. C’est un art de vivre. »

Cette expérience se fait-elle seule ou en groupe de manière générale ?

« On peut imaginer que tout système peut avoir besoin de fantaisie. Je pense d’ailleurs que si un individu dans un groupe a besoin de fantaisie, il va influencer tout le groupe dans ce sens. Mais généralement, c’est un désir plutôt individuel. C’est un travail que l’on peut faire tout à fait seul. Au plus on le fait, au plus on se prendra au jeu, et moins on aura cette raideur de l’inconnu. On transforme alors l’inconnu en routine. »

Partir à l’étranger et tout quitter, est-ce que cela peut aussi être une solution ?

« Introduire la fantaisie peut se faire par des petites expériences comme je l’ai dit ou alors par des décisions plus radicales qui vont impacter considérablement notre vie. Partir c’est toujours intéressant, on arrive dans un biotope qui nous est étranger et on interfère de manière différente. On adopte de nouveaux mécanismes, les gens ne nous connaissent pas et un nouveau regard se pose donc sur nous. On a laissé des valises chez nous et cela nous permet de vivre vraiment autre chose. Mais avec le temps, le fait d’être loin de chez nous peut également nous permettre de retrouver nos vieilles habitudes. En général, quand on retourne à la maison après avoir vécu un moment à l’étranger et qu’on s’y est plu, il y a une espèce de schizophrénie. On retrouve nos anciennes valises, alors qu’on espérait les avoir abandonnées en cours de route. S’il n’y a pas eu un vrai questionnement et un vrai travail en profondeur sur notre rapport à soi, aux autres et à la vie, le retour sera brutal. On sait bien que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, mais une expérience différente nous permet de savourer autrement l’herbe verte de chez nous si je peux dire. »

CIM Internet