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Pourquoi la génération Z ne veut plus faire croire au Père Noël à leurs enfants ?

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Image d'illustration. | © Unsplash

Psycho et sexo

C’est un débat dont on entend de plus en plus parler. À l’heure de l’éducation positive, faut-il continuer à faire croire à nos enfants que le Père Noël existe ?

Alors que la question ne se posait pas il y a quelques années, le célèbre rite du Père Noël est en train d’être complètement remis en question par les parents de la nouvelle génération. Quelles sont leurs motivations ? Et est-ce bon ou mauvais pour l’éducation des enfants ? Plusieurs psychologues et psychiatres se sont penchés sur le sujet dans les médias et au travers d’ouvrage sur le rôle des mythes et histoires que l’on raconte aux enfants depuis le plus jeune âge.

Un mensonge voire une trahison

Beaucoup de parents hésitent aujourd’hui à continuer à faire croire à leurs progénitures au Père Noël. En cause ? L’impression de leur mentir, de profiter de leur naïveté ou carrément de les trahir, tout cela pour enjoliver la réalité et les plonger dans un monde merveilleux qui n’est en fait qu’une grosse arnaque. Selon la plupart des psychiatres interrogés, s’il y a mensonge, c’est un « petit » mensonge « sain » et « gentil ». Il n’est pas question de leur cacher de lourds secrets de famille ou de profiter de leur candeur pour se moquer d’eux. D’ailleurs, l’honnêteté générale au sein du foyer joue un rôle. L’enfant risque davantage de se sentir trahi au moment d’apprendre la non-existence du Père Noël au sein d’un cocon familial où règne le non-dit et le tabou plutôt qu’auprès de parents qui ont pris l’habitude de communiquer avec transparence et bienveillance avec leurs enfants.

Les spécialités sont également d’accord pour dire que la croyance au Père Noël intègre avec elle toute une série de valeurs comme le don, la générosité, mais aussi des récits magiques de fête et de mystère. « Si le Père Noël n’est pas vrai ‘pour de vrai’, l’amour qu’il incarne, lui, l’est », explique la psychanalyste Claude Halmos. Beaucoup de parents qui refusent de faire croire au Père Noêl à leurs enfants ont également été pioché dans leurs propres souvenirs de ce mensonge, qu’ils ont eux vécu personnellement comme une trahison. « Si enfant, on a vécu la croyance au Père Noël comme une trahison, il est tout à fait compréhensible de ne pas vouloir reproduire le schéma », atteste Dominique Tourrès-Gobert au magazine Psychologie. À nouveau l’accompagnement familial et la clef.

Lorsque l’enfant commence à ne plus croire au Père-Noël, parce qu’un autre enfant lui a dit qu’il n’existait pas ou tout simplement parce qu’il commence à comprendre le subterfuge, il ne s’agit pas de persister dans le mensonge, mais de l’accompagner du passage de l’illusion vers la réalité. On estime en moyenne qu’un enfant atteint « l’âge de raison » entre 6 et 10 ans, au-delà, il risque d’être probablement victime de moqueries de ses camarades et d’une désillusion encore plus grande en apprenant la vérité tardivement.

Soucis financiers et insécurités

Un deuxième argument souvent avancé par les parents est le souci financier de ne pas pouvoir acheter tous les cadeaux que leurs progénitures désirent. Or, s’ils ont été sages, il n’y aurait pas de raison que Père Noël n’offre pas tous les cadeaux de la liste. À nouveau, il est tout à fait possible d’annoncer à son enfant que le Père Noël ne pourra pas porter autant de cadeaux dans sa hotte, et lui apprendre par la même occasion la frustration liée au fait qu’on ne peut pas toujours tout avoir dans la vie.

Autre bémol, le manque de reconnaissance parentale car, forcément, les cadeaux viennent du Père Noël. Les psychanalystes pointent du doigt un problème très actuel : beaucoup de parents craignent de ne plus être aimés de leurs enfants. Mais, pas d’inquiétude, cette reconnaissance viendra plus tard en même temps que la chute du mythe du Père-Noël. Il s’agit juste d’être patient… une autre vertu de l’homme en rouge.

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