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L'addiction aux jeux vidéo, bientôt reconnue comme maladie ?

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Cette reconnaissance permettrait ainsi aux joueurs excessifs d'obtenir une aide médicale. | © Flickr/PS3 Attitude

Technologie

L'Organisation mondiale de la santé pourrait bientôt reconnaître la dépendance aux jeux vidéo comme une maladie. Cette addiction entraîne des comportements néfastes que l'OMS souhaite encadrer et guérir. 

Selon Statista, en 2017, 27% des Français jouaient aux jeux vidéos pendant leur temps libre. L'activité ludique s'est bien installée dans les foyers, si bien que les jeux vidéo et les consoles se vendent par millions. En mars dernier, Nintendo a d'ailleurs sorti sa nouvelle console, la Nintendo Switch. Toujours plus de jeux sont créés, de quoi réveiller les nombreux détracteurs. Si l'addiction maladive reste rare, la petite majorité dépendante est cependant "malade". C'est d'ailleurs pour cela que l’OMS pourrait bientôt intégrer l’addiction aux jeux vidéo dans sa classification internationale des maladies. Selon l'organisation, jouer de manière récurrente, pourrait provoquer à terme une grande dépendance, nuisible à l'environnement social.

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Dès 2018, cette addiction serait donc intégrée dans la catégorie « troubles liés aux comportements addictifs avec plusieurs caractéristiques de la dépendance ». Pour être considéré comme "addict", plusieurs attitudes néfastes doivent être adoptées par le joueur : l'individu ne contrôle plus ses envies de jouer (fréquence, intensité, durée, contexte, début, fin), son jeu devient sa priorité par rapport à d'autres activités quotidiennes et il continue de jouer malgré les conséquences négatives qu’il peut engendrer dans son entourage. Ces comportements maladifs dégradent la vie quotidienne, familiale, scolaire et professionnelle.

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© Flickr/Maltz Evans

Traitements possibles

Ici la pratique du jeu vidéo alternée n'est pas remise en cause. Il s'agit plutôt des comportements négatifs liés à la pratique plus que régulière. « Le jeu peut devenir un comportement addictif par l’intermédiaire du gameplay, les mécanismes de gratifications et récompenses, la captation de l’attention, l’immersion du joueur, qui lui permet d’oublier son quotidien… C’est le but de tous les jeux mais dans les situations addictives, cela devient problématique », détaille le docteur Bruno Rocher, psychiatre addictologue dans Sciences et Avenir

La reconnaissance de l'addiction comme maladie permettrait ainsi aux joueurs excessifs d'obtenir une aide médicale ainsi que des traitements pour mieux guérir et prévenir cette obsession tout comme celle du tabagisme ou encore l'alcoolisme. Par ailleurs, l’Institut fédératif des addictions comportementales (Ifac) a réalisé un guide du jeu vidéo pour alerter et informer les parents et les enfants sur la pratique de cette activité à la maison.

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