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Comment Facebook veut récupérer le cœur des gens

Mark Zuckerberg Facebook

Mark Zuckerberg n'hésite jamais à parler de sa vie et de sa famille sur son réseau social Facebook | © AFP PHOTO / FACEBOOK / ZUCKERBEG

Technologie

Collecter des fonds pour des causes qui tiennent à cœur, recentrer le fil info de Facebook autour des amis et des interactions avec ses amis au détriment des pages, dont les médias, Mark Zuckerberg a manifestement décidé que 2018 sera « human first ».

Lorsque  Mark Zuckerberg, Dustin Moskovitz, Eduardo Saverin, Andrew McCollum et Chris Hughes fondèrent Facebook, son ADN était d’être un endroit où des gens, des vrais, sans pseudonyme ou nickname, se retrouvaient, échangeaient, likaient et s’aimaient, un peu, beaucoup voire pas du tout. Au fil des 10 premières années du réseau social devenu entre-temps un incontournable rendez-vous quotidien voire permanent a vu les entreprises dont les médias en première ligne prendre de plus en plus de place dans les fils d’information des utilisateurs. Au point de noyer les publications « humaines » et de faire perdre à Facebook une de ses raisons d’être ? On peut le penser en lisant la dernière sortie publique de son big boss Mark Zuckerberg : « récemment, nous avons eu des retours de notre communauté que les posts venant des entreprises, des marques et des médias prenaient trop de place face aux « moments personnels » qui conduit Facebook à connecter toujours plus les uns aux autres ».

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La démarche du patron de Facebook peut interroger à un moment où, sans véritablement parler de déclin, plusieurs enquêtes marquent une baisse de l’intérêt pour Facebook : moins de jeunes s’y connectent, moins de sessions mensuelles et moins de temps moyen. Mais le boss anticipe : “Je sais qu’en prenant de telles décisions, le temps passé sur Facebook risque de chuter. Mais ce temps passé sera de meilleure qualité. Ce sera une bonne chose pour la communauté et le futur de notre business ».

Mais Facebook ne prend pas cette décision isolément. Le réseau social tente depuis quelques mois de se recentrer sur « l’intimité des gens » : application pour se signaler en sécurité lors d’événements tragiques (attentats, tempêtes,…) et tout récemment pour la Belgique, la possibilité de lever des fonds, ou d’en verser, pour une cause qui vous tient à cœur.

Le coeur ou la bourse pour Facebook

Pour Facebook, l’enjeu de rendre de son « intimité » et de son aspect initial à Facebook sera certainement central en 2018. C’est qu’entre les accusations de laisser trainer des fake news dans ses fils info depuis des années et le désintérêt croissant des jeunes de moins de 18 ans pour son réseau, Mark Zuckerberg veut pérenniser sa marque là où tant d’autres « monstres digitaux bien installés » ont rejoint les cimetières numériques de l’oubli : MySpace, Altavista, Yahoo,Skyblog,…

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A la différence de ces illustres défunts, Mark Zuckerberg a plusieurs armes encore bien chargées : son réseau social reste de loin le plus populaire au monde, 2 milliards d’utilisateurs devant Instagram, 700 millions qui est un réseau qui appartient à …. Facebook.

Pour tous les détenteurs de pages Facebook, dont les médias, il faudra à présent suivre l’une des règles suivantes pour être désormais vu : créer un maximum de buzz autour de ses publications ou… payer.  Une tendance lourde déjà annoncée par le test du fil « Explorer » qui séparait les posts personnels des posts des pages. Parce qu’au-delà de l’argument du cœur , celui du portefeuille n’est jamais très loin.

Le post complet de Mark Zuckerberg

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