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« Die with me » : La géniale appli belge que vous ne pouvez utiliser qu’avec 5% de batterie

Le succès de l'app' est fulgurant. | © Die with me

Technologie

L’application « Die with me » permet de discuter avec des inconnus, mais uniquement si votre batterie est sur le point de succomber.

 

Des mains moites qui fouillent un sac, à la recherche d’un cable de survie, écartant tous les débris que la vie peut charrier dans un tote bag. Rien. Ella va mourir, c’est certain… alors autant en profiter. Parce qu’avoir une batterie à 5% est la seule façon de pouvoir utiliser « Die with me », une application pour smartphone développée par le Flamand Dries Depoorter. À la première notification de batterie – vraiment – faible, mais pas avant, l’app’ donne accès à un salon de chat qui réunit d’autres utilisateurs en passe d’être privés de leur téléphone : ni images ni vidéos – trop gourmands en énergie -, mais simplement quelques messages avant le noir. L’occasion de se lancer à corps déjà perdu dans une conversation avec de parfaits inconnus, dans la même drôle de situation.

Une semaine seulement déjà après sa sortie, « Die with me » est déjà parvenue à se hisser dans le top 25 de l’Apple Store, tandis qu’il a gravi la première place de sa catégorie « Divertissement ». Un succès qui réjouit Dries Depoorter : « Tellement heureux de voir les gens mourir ensemble dans la chatroom ! », a-t-il notamment tweeté récemment.

Un artiste plus qu’un développeur

Mais ce Gantois, sorti il y a à peine plus de deux ans de la Koninklijke Academie voor Schone Kunsten – où il a obtenu un master en media art -, n’en est pas à son premier coup d’essai. En 2016, il présentait déjà à l’IDFA, le Festival international du documentaire d’Amsterdam, son logiciel voyeur « Sheriff Software : Seattle Crime Cams » qui permettait de superposer les images de caméras de traffic de Seattle avec les appels reçus par la police locale. Le résultat ? Une étrange œuvre contemplative et un brin illégale.

Mais c’est le projet « Tinder In » qui avait révélé au grand public Dries Depoorter en tant qu’artiste média, en novembre 2015.  En mettant en perspective une photo sur Tinder avec celle du profil LinkedIn de la même personne, il révélait la schizophrénie inhérente à notre incapacité à voir Internet comme le gigantesque réseau qu’il est, plutôt que comme un amas de sites isolés. Son travail sur la vie privée en ligne l’avait amené à l’IDFA. Aujourd’hui, c’est le festival qui l’a encouragé à créer cette nouvelle application.

©Dries Depoorter – À gauche, l’ancienne photo de Dries Depoorter sur LinkedIn, à gauche, celle qu’il affichait sur Tinder. Deux personnalités.

« On voulait développer quelque chose de positif avec une batterie faible », explique-t-il à Motherboard, tandis que le concept de la messagerie est arrivé plus tard. En 2016, à la question de pourquoi le jeune artiste se lançait dans ces entreprises technologiques, il répondait tout simplement : « On m’a demandé pourquoi je voulais faire ça. La réponse c’est : juste pour rire ». Aujourd’hui, le discours est toujours le même : « On s’est tellement amusés à créer cela ».

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