Paris Match Belgique

Les clients font la queue devant le magasin « sans file » d’Amazon

Des files devant Amazon Go ? Ce n'est pas ce qu'avait promis le géant de la vente en ligne. | © Twitter/@Vertige__

Technologie

Le nouveau magasin sans caisse d’Amazon a créé un véritable engouement chez les habitants de Seattle. L’occasion de tester en conditions réelles cette nouvelle technologie qui pourrait bien s’avérer révolutionnaire.

À Seattle depuis un an, les employés de la titanesque firme Amazon font leur course sans rencontrer ni caissier ni caisse automatique. Ils quittent tout simplement le magasin avec leurs achats, sans n’avoir pour autant payé quoi que ce soit… jusqu’à ce qu’ils ouvrent leur boite e-mail et découvrent la preuve que leurs courses ont bien été comptabilisées, et ce grâce à un système de caméras, de portiques et d’intelligence artificielle combinés, installé dans le supermarché d’un genre nouveau Amazon Go. Dans la grande surface, on trouve tout ce que l’on recherche habituellement dans la petite supérette d’un quartier de bureaux : de quoi petit-déjeuner, luncher ou diner, en portions prêtes à emporter.

©Amazon Go – L’intérieur de cette supérette moderne.

Le comble d’Amazon Go

Si Amazon travaille sur ce projet important depuis cinq ans, et l’a rendu accessible à ses employés l’année dernière, ce n’est que depuis ce 21 janvier 2018 que les habitants de Seattle sont autorisés dans ce magasin situé au rez-de-chaussée de l’entreprise. Il s’agit ainsi de la dernière phase de tests pour le système Amazon Go, avant l’éventuelle ouverture d’autres magasins aux États-Unis. Le principe pourrait également être adapté à la célèbre chaine Whole Foods, récemment rachetée par Amazon, mais aussi à n’importe quelle boutique alimentaire.

Lire aussi > Ce que la technologie réserve à 2018 (et vice-versa)

Mais le futur a déjà prouvé ses limites : alors qu’Amazon Go a fait d’un shopping sans queue sa principale promesse, les premiers jours d’ouverture du magasin ont généré un véritablement engouement de la part des acheteurs… à tel point qu’on a pu voir des files se former devant le supermarché. Un comble pour cette solution qui s’annonçait pourtant si pratique. Mais c’est aussi l’un de ses défis : parvenir à faire fonctionner cette nouvelle technologie, qui pourrait changer les achats du futur, dans des magasins bondés à l’heure de pointe.

Quand le vol devient un simple bug

Et démontrer sa fiabilité ne semble pas si simple pour Amazon Go, après qu’un premier incident public ait déjà remis en question le pouvoir scrutateur de ses machines. Le 22 janvier, soit le lendemain de l’ouverture de la boutique au public, une journaliste de la chaine CNBC s’est glissée parmi les clients du magasin afin d’acheter son repas. En ressortant, un ticket de caisse numérique lui dresse la liste de ses achats… sauf un.

Lire aussi > La voix plus que jamais au cœur des nouvelles technologies

Un yahourt non-comptabilisé a fait d’elle une voleuse sans qu’elle ne s’en aperçoive. Après avoir partagé son désarroi avec Twitter, c’est le vice-président d’Amazon lui-même qui lui a fait savoir que des drones n’étaient pas à ses trousses et que le yahourt non-payé sera un cadeau de la maison. Gianna Puerini a par ailleurs précisé que ce genre de cas arrivait si rarement « qu’on n’a même pas créé un outil pour que les clients puissent déclarer quand cela arrive », relaie Clubic. La preuve que le service, toujours soumis à quelques imperfections, reste humain.

CIM Internet