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Ce que votre smartphone fait à votre cerveau

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Le cerveau ne peut plus faire qu'une seule chose à la fois. | © Pexels

Technologie

Entre rendez-vous immanquables et rappels d’anniversaires, la technologie promet de s’organiser au quotidien, mais elle a aussi des conséquencres désastreuses sur le corps et le cerveau.

Il fut un temps où le premier geste du matin n’était pas de prendre son smartphone et de regarder ses notifications Facebook. Aujourd’hui, cette époque paraît bien lointaine. En 2017, nous avons passé en moyenne 43 jours sur notre téléphone. Un chiffre en hausse de 30% depuis 2015, et qui équivaut à une moyenne de trois heures par jour, selon une étude. De l’alarme réveil du matin au dernier scroll sur Instagram avant de dormir, ces écrans de plus en plus grands nous poursuivent tout au long de la journée. Certes, ces applications permettent souvent de nous aider au quotidien. Mais le corps n’est pas de cet avis : « nous ne sommes tout simplement pas faits pour vivre ainsi », explique Business Insider.

Le flux incessant des alertes provenant des téléphones signifie que le cerveau est constamment en état de stress, selon l’endocrinologue Robert Lustig dans Science Alert. Les battements de coeur s’accélèrent, la respiration se tend, les glandes sudorales s’ouvrent et les muscles se contractent. Ces réactions causées par le stress signifie pour le spécialiste que le cortex préfrontal du cerveau, qui gère une grande partie de notre fonctionnement cognitif, est « détraqué ». « Vous finissez par faire des choses stupides », déclare Lustig. « Et ces choses stupides ont tendance à vous créer des ennuis »

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Conséquences désastreuses sur le comportement

Les smartphones addicts ont pris l’habitude de regarder leur téléphone à la moindre sonnerie et alerte, mais aussi quand il n’y en a pas. Aux États-Unis, 89% des étudiants ont déjà ressenti des vibrations « fantômes » dans leur poche, provenant dans leur imagination de leur téléphone. Et plus de 8 Américains sur 10 vérifient constamment leurs e-mails et messages, et avouent que c’est vaiment stressant.

Si les chercheurs ne sont pas encore certains de la dangerosité de la technologie sur le cerveau, ils affirment que l’addiction aux smartphones ralentit les processus de refléxion. Ils ont d’ailleurs déclaré que 97,5% de la population ne peut plus accomplir plusieurs tâches à la fois. Pire, chaque interruption pour regarder son smartphone a un prix, appelé par Business Insider, le « coût du changement ». Selon le psychologue David Meyer, qui a étudié cet effet, le passage entre les tâches peut consommer jusqu’à 40% du temps cérébral autrement productif.

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À chaque changement de tâches, est envoyée une dose de cortisol, l’hormone du stress, déclare Lustig. Le cortex préfrontal « détraqué », le changement stimule également la dopamine, la molécule du plaisir. Autrement dit, le stress provoqué par les alertes incessantes pousse à désirer davantage d’interruptions, stimulant la dopamine, ce qui crée un cercle vicieux et addictif.

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La différence entre la dopamine, la molécule du plaisir, et la sérotonine, dite « l’hormone du bonheur » : la deuxième n’est pas addictive, elle est principalement partagée, alors que la dopamine s’expérience principalement seul. Si la sérotonie, mal régulée, peut parfois mener à la dépression, ce n’est rien comparé au lien entre dopamine et addiction. © Business Insider

Cerveau plus paresseux

Avec une charge de travail qui augmente constamment, il est alors compréhensible de déléguer certaines tâches à la technologie. Mais ce transfert de travail rend notre cerveau malade et plus paresseux. Alors que la régularité d’une action rend la personne plus rapide et plus effiface. Dans le cas des smartphones, les chercheurs ont découvert le contraire. Plus les gens scrollent, publient, cliquent, plus leurs signaux cérébraux sont « bruyants », explique Business Insider. Dans les cas des médias sociaux, « la combinaison de la socialisation et de l’utilisation de nos smartphones pourrait demander un effort considérable à nos cerveaux ». Ce type de comportement social pourrait alors « nécessiter plus de ressources en même temps » de notre cerveau à nos doigts. Un constat troublant qui s’ajoute à la longue liste de reproches déjà liés à l’addiction aux smartphones. Et si la solution était de supprimer les couleurs de notre téléphone, ou de l’éteindre tout simplement ?

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