Indignation autour d’un berceau intelligent qui endort les bébés

Indignation autour d’un berceau intelligent qui endort les bébés

Un système d'ailes protectrices maintient le bébé en place | © SNOO

Technologie

Avec son mouvement de balancier déclenché aux moindres pleurs, le SNOO promet d’endormir les bébés sans que les parents n’aient besoin de se réveiller. Un berceau intelligent qui divise, certains y voyant là un manquement au devoir parental le plus élémentaire. 

« De la torture pour les bébés », « une ERREUR », « horrible, c’est inhumain de traiter des enfants comme ça »… En partageant sur son Facebook la vidéo d’un berceau intelligent destiné à endormir les bébés, l’émission britannique In The Know Innovation ne s’attendait vraisemblablement pas à un tel torrent de haine. Et pourtant : en quatre jours seulement, la vidéo de présentation du berceau a été vue plus de 10 millions de fois, attirant dans la foulée des dizaines de milliers de partages et de réactions majoritairement défavorables. Si certains parents privés de sommeil se sont en effet empressés de commenter qu’il leur fallait absolument ce berceau 2.0, la plupart des commentateurs sont unanimes : le SNOO n’est rien de moins qu’un instrument de torture.

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Une qualification à mille lieues de ce que les inventeurs de ce berceau connecté promettent sur leur site internet. Non content d’assurer simultanément réduire les pleurs et augmenter le sommeil, le SNOO serait également selon ses créateurs « le berceau le plus sûr qui ait jamais conçu ». Un système d’ailes protectrices en tissu vient en effet envelopper le bébé, garantissant qu’il reste sur le dos, posture recommandée par les professionnels de la santé comme permettant d’éviter la mort subite du nourrisson. Mais SNOO ne se contente pas uniquement de travailler sur leur position de sommeil.

Combinant mouvements de balanciers et white noise, SNOO promet en effet de recréer les conditions dont bénéficiait le bébé dans le ventre de sa mère, garantissant des nuits apaisées pour les nouveaux nés. Et pour les parents aussi : nul besoin de se lever plusieurs fois pendant la nuit, le berceau intelligent se charge d’endormir les petits. Ajoutez à cela un look design scandinave du plus bel effet et il n’est pas difficile de comprendre comment des parents ont accepté de témoigner dans des vidéos postées sur le site où les compliments s’enchaînent, certains allant jusqu’à qualifier SNOO de miracle. Une opinion qui est loin de faire l’unanimité.

SNOO

Bien que le berceau ait été créé par un pédiatre, le Dr Harvey Karp, certains spécialistes de la petite enfance voient une série de problèmes susceptibles d’être créés par son utilisation. Notamment, des problèmes d’adaptation au moment du passage vers un lit d’enfant traditionnel, qui n’offre pas de mouvements apaisants durant la nuit. Sans compter que pour certains experts, l’Australienne Jen Hamilton en tête, le berceau priverait parents et enfant d’une part cruciale du développement de leur relation.

Quand les bébés viennent de naître, leurs pleurs sont une manière naturelle d’établir un lien fort avec les parents. En se chargeant de stopper les pleurs nocturnes, SNOO empiète sur le développement de l’instinct parental.

Et Jen Hamilton d’ajouter que « c’est parfaitement normal pour un bébé de ne pas savoir faire la différence entre le jour et la nuit, et en berçant leur enfant à chaque fois qu’il se réveille, les parents se familiarisent avec lui ». Des explications nuancées, qui contrastent avec l’avis des commentateurs sur le berceau.

 

SNOO

« Quiconque s’imagine que c’est acceptable d’attacher son bébé à une machine qui le secoue pour obtenir quelques heures de sommeil supplémentaires a de gros soucis mentaux » commente un internaute. Et d’autres de souligner que le SNOO est une machine, et donc, susceptible de mal fonctionner et de mettre la vie du bébé en danger. Reste qu’avec un prix de vente qui dépasse les 1 600 euros et une utilisation limitée aux six premiers mois du bébé, le SNOO est encore loin de devenir la norme auprès des jeunes parents. Qui devront, comme les générations précédentes, s’accommoder de quelques mois de nuits blanches.

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