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Pourquoi des milliers de Suédois cèdent à l’implant électronique

puce électronique

Ce n'est pas seulement pour faciliter leur quotidien. | © AFP PHOTO / Jonathan NACKSTRAND

Technologie

Si cette puce électronique, insérée sous la peau, permet de faciliter leur quotidien, les Suédois sont motivés par une autre raison : le biohacking. 

Ils sont plus de 3 500 téméraires à avoir franchi le pas. Dans un pays féru de nouvelles technologies, de nombreux Suédois ont cédé à l’implant électronique. Parmi eux, Ulrika Celsing, 28 ans : « C’était cool d’essayer quelque chose de nouveau. Et, dans le futur, voir comment on peut l’utiliser pour faciliter sa vie », confiait-elle à l’AFP en mai dernier. Pas question, pour elle, d’avoir peur d’un piratage ou d’une éventuelle surveillance, la puce électronique, insérée entre le pouce et l’index, lui sert à alléger son portefeuille. Cette technologie sous-cutanée remplace en effet les clés, de nombreux badges d’entrée, les cartes de crédit et même les billets de train. La société suédoise SJ Railways était d’ailleurs la première au monde à accepter ces passagers 2.0 en validant… leurs mains.

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Hacker la biologie

Mais faciliter le quotidien est loin d’être la seule raison de cet engouement nordique. Certains ont avancé que l’excellente qualité de vie du pays pourrait être la cause de cette récente tendance. Selon Moa Petersén, maitre de conférence en culture digitale à l’Université de Lund en Suède, les facteurs sont bien plus complexes. L’explication de ce phénomène se trouve plutôt du côté du « biohacking », explique-t-elle à Quartz. Ce terme désigne cette pratique des biologistes amateurs, hors du cadre institutionnel traditionnel, à mener des expériences sur la biomédecine. « Tout comme les hackers informatiques piratent les ordinateurs, les biohackers piratent tout ce qui est biologique », résume Mao Petersén.

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© AFP PHOTO / Adam BERRY

Dans ce domaine, il existe deux grandes écoles : les « wetware hackers » et les transhumanistes. Les premiers veulent trouver des solutions pour améliorer la qualité de vie dans les pays en développement, tandis que les seconds se concentrent sur l’amélioration du corps humain, dans le but, à long terme, d’améliorer la race humaine. « Ce n’est qu’en nous améliorant – et en échappant aux frontières biologiques – que les humains pourront rivaliser avec l’IA à l’avenir », explique l’experte en culture digitale. Dans une Europe soucieuse d’aider les pays en développement, les Suédois fait office d’exception en s’identifiant tels des transhumanistes.

La Suède, un pays digital

Ce courant de pensée trouve un écho particulier dans ce pays scandinave dont la culture est déjà portée davantage sur le monde digital. « Les Suédois croient profondément au potentiel positif de la technologie », souligne Mao Petersén. Une confiance due certainement aux investissements massifs effectués dans ce domaine par le gouvernement suédois ces vingt dernières années. Berceau de sociétés notables telles que Skype et Spotify, « la Suède est devenue l’un des pays les plus prospères au monde en matière de création et d’exportation de produits numériques ».  Confiants et avides de nouveautés, de nombreux habitants se sont ainsi laissés séduire par le défi de renforcer et d’améliorer le corps humain. À l’heure où la protection des données est au coeur du débat, la Belgique et les autres pays européens ne semblent pas encore prêts à leur emboiter le pas…

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